La coriandre : du mycénien au latin

Ce condiment très employé dans l’Antiquité en cuisine et en médecine est manifestement un emprunt, non au grec alphabétique, comme on l’affirme partout, mais au mycénien. Il faut donc partir de korijadono, écrit aussi koria2dono, bien représenté sur les listes de condiments à Cnossos, Pylos et Myc...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes | LXXXV | 2 | 2011-12-01 | p. 245-250 | 0035-1652
Egile nagusia: Flobert, Pierre
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2011
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Ce condiment très employé dans l’Antiquité en cuisine et en médecine est manifestement un emprunt, non au grec alphabétique, comme on l’affirme partout, mais au mycénien. Il faut donc partir de korijadono, écrit aussi koria2dono, bien représenté sur les listes de condiments à Cnossos, Pylos et Mycènes, qui s’interprète koriandnon en tenant compte des règles graphiques. Le latin conserve le d et dissimile le deuxième n en r ; le grec alphabétique atteste κορίαννον peut-être depuis Anacréon, VIe siècle, et en tout cas Aristophane, le d entre deux n s’étant assimilé avant de disparaître nécessairement. Le latin tardif a connu encore une forme dissimilée coliandrum qui a passé en grec byzantine : κολίανδρον. Il existe un témoin roman : espagnol culantro, cilantro. Quant au grec κορίανδρον, c’est un emprunt très tardif au latin, une forme de glossaire, reprise en grec moderne, mais étrangère au grec ancien. Cet emprunt latin au mycénien ouvre des aperçus sur les trafics commerciaux de l’âge du bronze en Italie du sud, en Sicile et au Latium, bien connus par l’archéologie mycénienne ; il s’y ajoute donc des contacts linguistiques qui confirment et approfondissent les relations sociales.