L'enfant, la connaissance et la psychanalyse

RésuméQue cela lui dise ou non, l’enfant s’éveille à la vie au milieu du langage. Et ce langage vient le commenter, l’interroger, vient décerner à son corps, à ses fonctions des signifiants qui supposent qu’il est un sujet pour d’autres signifiants, c’est-à-dire qu’il en connaîtrait un bout de ce qu...

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Päätekijä: Bergès, Jean
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 2007
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:RésuméQue cela lui dise ou non, l’enfant s’éveille à la vie au milieu du langage. Et ce langage vient le commenter, l’interroger, vient décerner à son corps, à ses fonctions des signifiants qui supposent qu’il est un sujet pour d’autres signifiants, c’est-à-dire qu’il en connaîtrait un bout de ce qui lui est dit, puisque c’est à lui que tout cela s’adresse. L’imitation aliénante dont parle Wallon est ainsi l’hommage rendu par l’enfant à celui qui parle, hommage au crédit qu’on lui a fait de comprendre. C’est un hommage du même ordre que l’enfant va rendre au moment de la phase du miroir. Il va se découvrir dans son unité visible et spéculaire à celui ou celle qui le supporte, en se retournant vers lui ou elle pour le prendre à témoin de ce à quoi il vient d’accéder : la globalité de son image et l’anticipation de la capture de cette image de l’unité agissante dans le futur du corps. Ces différentes opérations ne peuvent se comprendre sans le crédit que l’adulte fait à l’enfant et à l’hommage que l’enfant lui rend. On peut percevoir qu’ainsi le signifiant n’est pas seulement de l’ordre d’une différence phoné- matique mais qu’il a aussi quelque chose à faire avec le corps engagé dans la parole. C’est là le début de ce jeu de leurre que l’enfant va mener en compagnie de sa mère, leurre autour du phallus, de la question de l’être et de l’avoir, jeu de leurre essentiel pour la constitution des objets. Dans les troubles dysphasiques, par exemple, l’enfant ne rend pas hommage, il ne renvoie pas l’ascenseur, il ne rentre pas dans ce jeu de leurre. C’est dans cette mesure que les orthophonistes font des miracles, en entendant ce que la mère n’entend pas et en lui montrant à la mère, par l’orthophoniste, l’enfant renvoie l’ascenseur, elle a amorcé le travail de leurre. Le savoir et la connaissance sont pris dans le fallacieux, dans le leurre. Qui commande la connaissance ? Ce n’est pas la soif de connaissance qui nous pose la question de la connaissance, c’est la prééminence de la méconnaissance