Le recours à l’évidence par le juge : le cas du renvoi préjudiciel par le Conseil d’État à la Cour de justice de l’Union européenne

Le mécanisme du renvoi préjudiciel prévu à l’article 267 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne permet à une juridiction nationale, et le cas échéant l’oblige, à poser une question préjudicielle à la Cour de justice de l’Union européenne si elle se trouve face à une difficulté d’inter...

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Glavni autor: Pressé, Guillaume
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2024
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Sažetak:Le mécanisme du renvoi préjudiciel prévu à l’article 267 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne permet à une juridiction nationale, et le cas échéant l’oblige, à poser une question préjudicielle à la Cour de justice de l’Union européenne si elle se trouve face à une difficulté d’interprétation d’une norme du droit de l’Union européenne. Cependant, depuis un arrêt Cilfit du 6 octobre 1982, la Cour de justice a élaboré une méthodologie dérogatoire à l’obligation de renvoi dans trois hypothèses, dont le cas où « l’interprétation correcte du droit de l’Union s’impose avec une évidence telle qu’elle ne laisse place à aucun doute raisonnable ». Ce mécanisme dérogatoire est complexe à mettre en œuvre. En effet, l’interprétation évidente d’une norme européenne est soumise à l’examen de différents critères par les juridictions nationales. Un tel constat contredit l’idée même d’une interprétation évidente qui devrait s’imposer aux juges de façon claire et distincte. D’ailleurs, si une juridiction nationale s’exonère de son obligation de renvoi préjudiciel en s’appuyant sur une interprétation évidente d’une norme mais que celle-ci n’est pas partagée par la Cour de justice, la responsabilité de l’État peut être engagée.