Structure de l’intrigue : limites de la géométrie et de la symétrie dans Le Château des destins croisés d’Italo Calvino

Le caractère changeant du sens des mêmes motifs et narrathèmes selon leur position est un des traits les plus importants des récits entrelacés dans l’œuvre Le Château des destins croisés d’Italo Calvino, surtout si les mêmes cartes sont « lues » en sens inverse dans cette « machine littéraire ». L’a...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/trans,
Hovedforfatter: Macura, Sergej
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Anglais
Udgivet: TRANS- 2022
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Le caractère changeant du sens des mêmes motifs et narrathèmes selon leur position est un des traits les plus importants des récits entrelacés dans l’œuvre Le Château des destins croisés d’Italo Calvino, surtout si les mêmes cartes sont « lues » en sens inverse dans cette « machine littéraire ». L’auteur a réussi à intégrer dans les conventions assez figées de la narration fabuleuse des ornements inventifs, tels que les contradictions, les palimpsestes et les incontournables polysémies, là où un récit est construit selon les mêmes cartes par un narrateur différent. Cet article analyse le développement de la trame qui, conformément à la disposition des cartes sur la table, suit le schéma visiblement rigide de la forme géométrique du rectangle où le début de chaque récit suivant a sa place dans l’aire où se termine le récit précédent de façon que le quatrième récit ferme la figure géométrique au commencement du premier récit. Le cinquième et le sixième récits forment les bras vertical et horizontal de la croix et épuisent toute la matière imagée qui est interprétée par les autres cartes-narrateurs selon des formes et, par conséquent des interprétations, différentes. Dans le chapitre « Toutes les autres histoires » se construit un tourbillon de nouveaux sens et de nouveaux conflits entre les narrateurs de plus en plus agités si bien que le narrateur anonyme à la première personne avoue perdre le fil de son propre récit dans le tumulte général. Toute la liberté de la création des récits n’empêche pas que certains éléments soient prédéterminés et qu’ils facilitent une interprétation plus précise : tous les narrateurs sont représentés par une des cartes qui sont appelées de cour (valet, cavalier, reine ou roi) ; ce n’est que dans le récit 6 que plus de deux cartes de l’Arcane majeur apparaissent d’affilée, tandis que dans les cartes numérotées de l’Arcane mineur (de 1 à 10), ce n’est que dans les récits 3 et 4 que se suivent plus de deux cartes. En outre, tous les narrateurs des 6 premiers récits sont des hommes, alors que les quatre reines figurent dans la partie finale, dans des positions relativement symétriques. L’article essaie d’établir quand les récits suivent les fonctions du conte de Vladimir Propp, et quand ils agissent comme des parodies des contes.