Performer l’anti-autoritarisme. Symétries et asymétries de statuts dans des dispositifs délibératifs à l’école élémentaire

Cet article explore l’anti-autoritarisme dans les relations éducatives à l’école élémentaire, en s’intéressant à un dispositif délibératif : le conseil d’élèves. En mobilisant un cadre interactionniste inspiré d’Erving Goffman, il examine comment sont performés des statuts participationnels moins as...

Täydet tiedot

Tallennettuna:
Bibliografiset tiedot
Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/traces,
Päätekijä: Duval-Valachs, Leia
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Tracés 2025
Aiheet:
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Kuvaus
Yhteenveto:Cet article explore l’anti-autoritarisme dans les relations éducatives à l’école élémentaire, en s’intéressant à un dispositif délibératif : le conseil d’élèves. En mobilisant un cadre interactionniste inspiré d’Erving Goffman, il examine comment sont performés des statuts participationnels moins asymétriques que dans les contextes scolaires habituels et comment ces pratiques remodèlent l’autorité éducative. L’article cherche à contribuer à la réflexion sur l’autorité en éducation en la concevant comme une relation dynamique, nécessaire à l’apprentissage de l’autonomie.Les observations ethnographiques menées dans huit classes montrent que l’anti-autoritarisme ne vise pas à abolir l’autorité, mais à la reformuler. Les enseignantes adoptent des postures variées, oscillant entre le lâcher-prise, l’accompagnement et le contrôle, dans la recherche d’un équilibre entre l’autonomie des élèves et le maintien de normes éducatives et délibératives. Ces tensions sont illustrées par des pratiques comme la ritualisation du tour de parole ou l’utilisation d’objets symboliques qui accompagnent la performance d’interactions plus égalitaires.L’analyse révèle également les limites et résistances à ces performances anti-autoritaires. Les élèves reproduisent souvent des formes de déférence à l’autorité enseignante, mais de façon différenciée selon leurs dispositions sociales et culturelles, leur âge et les options pédagogiques des classes. En insistant sur les inégalités sociales traversant ces dispositifs, cet article cherche à éclairer les conditions auxquelles l’autorité peut, paradoxalement, servir de condition à l’émergence d’une égalité interactionnelle dans les pratiques éducatives.