Identité constituante, identité constituée

Cet article traite des facteurs qui concourent à la production et à la reproduction de l’identité collective à partir de la présentation et de la discussion de quelques cadres théoriques relevant de disciplines telles que la philosophie, la sociologie, l’ethnologie ou la psychologie sociale. Comme l...

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Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/teth,
Glavni autor: Lazzeri, Christian
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Terrains/Théories 2015
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Cet article traite des facteurs qui concourent à la production et à la reproduction de l’identité collective à partir de la présentation et de la discussion de quelques cadres théoriques relevant de disciplines telles que la philosophie, la sociologie, l’ethnologie ou la psychologie sociale. Comme l’identité collective est indissociable d’un groupe social, s’intéresser à l’identité collective conduit ipso facto à s’intéresser à la production et à la reproduction des groupes sociaux. Il existe cependant plusieurs approches concernant ces rapports : la première d’entre elles, que l’on qualifie de « constructivisme faible », défend la thèse selon laquelle la formation d’un groupe liée à des objectifs d’action collective ou à l’obtention de reconnaissance, ainsi que l’autocatégorisation de ses membres, suffit soit à produire un groupe social sans recours à l’identité, soit à produire une identité collective à partir de la frontière du groupe ainsi constitué. Les thèses de Margaret Gilbert sur les intentions collectives conjointes, celles de Sartre sur les groupes en fusion, ainsi que celles défendues par la psychologie sociale de Tajfel et de ses disciples ou les théories du choix rationnel, participent d’une telle approche qui débouche sur une économie du concept d’identité ou sur sa conception « stratégique », « situationnelle », infiniment plastique et négociable. On soutient, à l’inverse, une conception « constructiviste forte » selon laquelle, même si l’identité est « construite », d’une part, elle obéit à des impératifs de construction plus contraignants que la décision ou l’autocatégorisation ; d’autre part, elle est constituée de propriétés sociales qui informent réellement le comportement des agents avant d’être utilisées comme des ressources stratégiques. L’anthropologie spinoziste, la sociologie critique et plusieurs travaux d’histoire sociale sont convoqués à l’appui d’une telle approche.