Le silence des rizières
Avant l’arrivée des missionnaires dans les hautes terres toraja de l’île de Sulawesi en Indonésie, le cycle de la culture du riz était rythmé par un grand nombre de rituels. L’un d’entre eux consistait en un jeu chanté dans les rizières, qui mettait en interaction les femmes et les hommes. Les pieds...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/terrain, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Terrain
2019
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Avant l’arrivée des missionnaires dans les hautes terres toraja de l’île de Sulawesi en Indonésie, le cycle de la culture du riz était rythmé par un grand nombre de rituels. L’un d’entre eux consistait en un jeu chanté dans les rizières, qui mettait en interaction les femmes et les hommes. Les pieds dans l’eau, une vingtaine de femmes chantaient en polyphonie, tout en jouant avec les hommes qui passaient par là. Les paroles, la musique et le jeu de ce rituel, véritable ode au désir et à la continuité de la vie, participaient à la fertilité des cultures. Considérant qu’il menaçait les bonnes mœurs exigées par la religion protestante, les pasteurs et les autorités gouvernementales coloniales y mirent un terme. Le silence s’installa alors dans les rizières. Alors que le jeu fut interdit, le chant fut paradoxalement toléré, mais hors de son contexte initial pour différents types de représentations, locales ou régionales. En le réduisant à sa dimension formelle, ce court texte décrit comment ce qui chantait dans ce chant fut alors annihilé. |
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