Le monde ouvrier dans les romans de Gérard Mordillat : la vie à court terme

Les Vivants et les morts (2004) et Notre part des ténèbres (2008) décrivent la vie précarisée des ouvriers à l’ère de la désindustrialisation, au plan personnel et professionnel. Le temps pour soi se réduit à la sexualité. Les femmes, plus mal loties que les hommes, cumulent emplois ou activités. Ce...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/temporalites,
Glavni avtor: Leclerc, Natalia
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Temporalités 2012
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:Les Vivants et les morts (2004) et Notre part des ténèbres (2008) décrivent la vie précarisée des ouvriers à l’ère de la désindustrialisation, au plan personnel et professionnel. Le temps pour soi se réduit à la sexualité. Les femmes, plus mal loties que les hommes, cumulent emplois ou activités. Ces romans relatent aussi des conflits sociaux : les usines devenues peu compétitives sont bradées à des repreneurs étrangers ; les plans sociaux frappent durement. Le temps du conflit est celui du jeu stratégique de la prise de vitesse et de la patience. C’est aussi le temps de la grève, de l’occupation, voire de la prise d’otages. Ces actes désespérés sont engendrés par la fatalité à laquelle les individus sont contraints. Le capitalisme flexible ici décrit impose une grande rigidité. Toute projection dans l’avenir est interdite aux employés qui ne peuvent vivre que dans le présent, sont prisonniers du hic et nunc, mais sans moyens de profiter de l’instant. La vie à court terme des ouvriers d’une France en désindustrialisation se heurte à la logique de l’urgence. Après le Droit à la paresse revendiqué par Lafargue, Mordillat pourrait proposer la quête d’un droit à la lenteur, lenteur qui permettrait d’éviter les courts-circuits, le conflit violent, les situations tragiques, et paradoxalement, la perte de temps.