Une odeur d’enfer

Les odeurs ont-elles une histoire ? Je m’intéresse, dans ces lignes, à l’odeur du durian, un fruit du Sud-Est asiatique dont les Occidentaux affirment, avec la force des évidences, qu’il pue « le cadavre », « le vomi » ou même « l’enfer ». Il s’agit de montrer que l’on ne peut penser les jugements o...

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Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/tc,
Hlavní autor: Mariani, Léo
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Techniques & culture 2018
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Les odeurs ont-elles une histoire ? Je m’intéresse, dans ces lignes, à l’odeur du durian, un fruit du Sud-Est asiatique dont les Occidentaux affirment, avec la force des évidences, qu’il pue « le cadavre », « le vomi » ou même « l’enfer ». Il s’agit de montrer que l’on ne peut penser les jugements olfactifs comme de simples « représentations » culturelles qui viendraient qualifier une source chimique aux qualités objectives, universelles, mais que l’odeur prêtée au durian par les Occidentaux est le produit d’un long processus d’ajustement (de naturalisation et de culturalisation) et de diffusion. À partir de l’historiographie des interdictions de transport dont le durian fait aujourd’hui l’objet dans certains lieux publics d’Asie du Sud-Est, cet article retrace ainsi l’histoire d’un rapport (moderne) aux intimités, aux espaces publics, aux odeurs et à l’Orient. Il s’intéresse en d’autres termes à la constitution du collectif qui suscite et fait sentir plus ou moins efficacement et plus ou moins universellement l’odeur.