Diffusion du maraîchage féminin

Depuis son entrée dans le champ des préoccupations de la Géographie humaine à la fin du XIXe siècle, l’analyse des phénomènes de diffusion spatiale s’est progressivement orientée vers une quête visant à retracer, toujours plus fidèlement, l’emprunte spatio-temporelle de la propagation. Découlant de...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/tc,
Yazar: Bastin, Stéphane
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Techniques & culture 2011
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Depuis son entrée dans le champ des préoccupations de la Géographie humaine à la fin du XIXe siècle, l’analyse des phénomènes de diffusion spatiale s’est progressivement orientée vers une quête visant à retracer, toujours plus fidèlement, l’emprunte spatio-temporelle de la propagation. Découlant de leur aptitude à faire fonctionner les modèles créés à cet effet plutôt que d’un réel questionnement sur les fondements du processus de diffusion, les facteurs ayant acquis une vocation explicative – les dimensions multiples de la mise en contact – ne sont généralement pas explorés. L’article veut répondre à cette lacune en interrogeant le récent essor du maraîchage féminin dans la vallée du Niger. C’est qu’ayant procédé par densification dans le cœur de la vallée (à proximité de Niamey) plutôt que par extension progressive sur ses marges, cet essor interpelle moins par sa mise en place progressive que par les questions qu’il suscite sur ses raisons d’être.Une série d’enquêtes de terrain réalisées sur l’ensemble de la vallée montre que ce phénomène de concentration peut être lu comme le produit d’une pérennisation de parcours commerçants anciens – ceux du petit commerce féminin du vivrier –, dont l’orientation spatiale a guidé les potentialités d’écoulement des légumes et avec elles la diffusion du maraîchage. En effet, dans un contexte où la ville de Niamey est le seul véritable débouché à l’essor d’une production féminine de légumes destinée à combler le déficit croissant des greniers du chef de famille, on sait la rentabilité du maraîchage gagée sur les possibilités d’accès aux marchés de la capitale. Or, à partir du moment où celle-ci organise l’essentiel de sa collecte légumière en dehors de la vallée, la diffusion du maraîchage n’a réellement pu y prendre place qu’à l’intérieur du bassin de mobilités pendulaires que le petit commerce du vivrier a tissé avec Niamey. Au final, s’il s’avère que ce bassin dispose d’un ancrage historique reflétant une hiérarchie des places marchandes héritées du passé, sa pérennisation fait encore débat.