La mémoire blessée d’un exilé. De Paris à Rome, la tourmente de 1848 comme matrice de la réflexion politique d’Alexandre Herzen
La mémoire blessée d’un exilé. De Paris à Rome, la tourmente de 1848 comme matrice de la réflexion politique d’Alexandre Herzen — Consacrée à l’appropriation mémorielle des événements de 1848 dans l’œuvre d’Alexandre Herzen, cette contribution est basée sur l’exploitation des Lettres de France et d’...
Сохранить в:
| Опубликовано в: : | URI:https://journals.openedition.org/sourcesarche, |
|---|---|
| Главный автор: | |
| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
Source(s)
2025
|
| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Итог: | La mémoire blessée d’un exilé. De Paris à Rome, la tourmente de 1848 comme matrice de la réflexion politique d’Alexandre Herzen — Consacrée à l’appropriation mémorielle des événements de 1848 dans l’œuvre d’Alexandre Herzen, cette contribution est basée sur l’exploitation des Lettres de France et d’Italie, de De l’autre rive, et de la grande autobiographie de l’auteur, Passé et méditations. À ce matériau sont confrontées d’autres sources comme les souvenirs de Pavel Annenkov ou de Natalia Toutchkova-Ogareva (compagne d’Ogarev devenue plus tard la maîtresse d’Herzen), ou encore le journal de route d’une domestique lorraine qui accompagnait Natalia et son père Alexis Toutchkov en Europe de l’Ouest. Classiquement, on relie l’épreuve qu’Herzen a faite de la vague révolutionnaire embrasant l’Europe à un retournement de sa pensée, mettant à distance l’Occident et revalorisant la spécificité de la Russie. Il s’agira ici de faire voir comment sa lecture historique et philosophique de l’échec du moment 1848 se nourrit d’un travail de tri et d’élucidation qu’Herzen – éloigné du théâtre des événements par son errance des années 1850 (qui le fait séjourner à Paris, Genève, Zurich, Nice et Londres) – demande à sa mémoire, factuelle aussi bien que sensorielle, politique aussi bien qu’intime. Ce travail de maturation repose sur les réécritures successives de textes souvent produits sur le vif, réécritures dont la circulation éditoriale conduit l’auteur à dialoguer avec la sphère transnationale des exilés politiques (Allemands, Italiens, Français, Russes et Polonais). S’éloignant peu à peu des figures de proue de la gauche quarante-huitarde, Herzen prend conscience que la dynamique du changement échappe désormais à la bourgeoisie occidentale et que tout un monde ancien est appelé à finir : au terme de la décennie 1850, par-dessus le tombereau des nationalismes frustrés des continuateurs de 1848, semble s’esquisser une dynamique révolutionnaire nouvelle, recentrée sur les masses laborieuses. |
|---|