Alerte et catastrophe : le cas de la tempête de 1999, un risque scélérat

L’objet de cet article est de contribuer à l’explication du paradoxe récurrent des situations de catastrophe : comment expliquer qu’une catastrophe semble toujours prévue ex post et jamais évitée ex ante ? À travers l’étude de l’alerte précédant le dernier grand désastre naturel que la France ait co...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/sdt,
Autor Principal: Dedieu, François
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Sociologie du travail 2019
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:L’objet de cet article est de contribuer à l’explication du paradoxe récurrent des situations de catastrophe : comment expliquer qu’une catastrophe semble toujours prévue ex post et jamais évitée ex ante ? À travers l’étude de l’alerte précédant le dernier grand désastre naturel que la France ait connu — la tempête du 27 décembre 1999 — l’article se propose de rendre compte des ressorts organisationnels expliquant l’effet surprise provoqué par cette catastrophe. Il s’agit de comprendre pourquoi, alors que le phénomène a bien été annoncé et prévu par Météo-France, les acteurs de la sécurité civile se déclarèrent profondément surpris par l’ampleur de l’évènement. En proposant une analyse qualitative multiniveau du fonctionnement du système interorganisationnel de l’alerte météorologique, il est montré que, dans cet épisode, la tentative d’alerte a été transformée en un signal routinier en raison de la combinaison de facteurs structurels, contextuels et individuels. Le cas de la tempête de 1999 permet d’introduire l’idéal type d’une catégorie de risque particulière, le risque scélérat. Il s’agit d’un danger annoncé comme tel mais qui est ignoré parce qu’il semble familier.