Un miroir déformé du temps présent

L’école merveilleuse-scientifique, théorisée par l’écrivain Maurice Renard, est un témoignage artistique de valeur pour étudier la réception et la transformation des savoirs scientifiques, en particulier ceux touchant aux sciences de l’invisible, entre 1900 et 1930. Les auteurs de cette nébuleuse li...

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ग्रंथसूची विवरण
में प्रकाशित:URI:https://journals.openedition.org/rhc,
मुख्य लेखक: Hopkins, Fleur
स्वरूप: Article ou chapitre numérique
भाषा:Français
प्रकाशित: Revue d'histoire culturelle 2023
विषय:
ऑनलाइन पहुंच:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
विवरण
सारांश:L’école merveilleuse-scientifique, théorisée par l’écrivain Maurice Renard, est un témoignage artistique de valeur pour étudier la réception et la transformation des savoirs scientifiques, en particulier ceux touchant aux sciences de l’invisible, entre 1900 et 1930. Les auteurs de cette nébuleuse littéraire, qui porte elle-même un nom hybride, mariant la raison et le conte, développent dans leurs récits un imaginaire scientifique crédible, bien que fondé sur des prémisses fausses, inspiré à la fois par les découvertes scientifiques les plus récentes et les spéculations parascientifiques du temps. En ce sens, le modèle merveilleux-scientifique atteste, autant qu’il accompagne, d’une ouverture grandissante du monde de la science vers les manifestations surnaturelles et métapsychiques, telles que la « chronoscopie » (qui rend possible la captation d’images du temps passé) ou l’ « optogramme » (dernière image imprimée sur la rétine d’un défunt et que l’on pourrait supposément observer, en disposant des techniques appropriées). L’article s’efforcera tout particulièrement de montrer comment science et fausse science communiquent sans cesse dans l’espace romanesque, puisque les écrivains trouvent des explications recevables à des phénomènes inexpliqués ou improbables. Il soulignera aussi que l’ambition du modèle merveilleux-scientifique n’est pas d’anticiper sur l’avenir des sciences, ou de faire de la vulgarisation, mais plutôt de s’imprégner tout entier du contexte scientifique et métapsychique du temps, afin de créer un récit hybride, copiant, voire singeant, la science alors qu’il présente un phénomène impossible : voir le temps qui passe.