L’école à la maison : la transmission socialement différenciée de la connaissance du principe alphabétique
Désignant la compréhension par un enfant qu’un mot est composé d’associations de graphies et de sons dépendantes des lettres environnantes, la connaissance du principe alphabétique est aujourd’hui reconnue comme décisive pour l’apprentissage de la lecture. Or cette connaissance ne peut être apprise...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/rfp, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Revue française de pédagogie
2025
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Désignant la compréhension par un enfant qu’un mot est composé d’associations de graphies et de sons dépendantes des lettres environnantes, la connaissance du principe alphabétique est aujourd’hui reconnue comme décisive pour l’apprentissage de la lecture. Or cette connaissance ne peut être apprise implicitement, par simple exposition, et nécessite la répétition d’activités spécifiques la transmettant. À partir d’une enquête réalisée auprès de 23 enfants suivis de leur entrée en grande section d’école maternelle au CE1 – au moyen d’entretiens auprès de leur famille et d’observations dans leur classe –, ainsi que de 28 autres enfants suivis à l’école et à la maison durant leur année de CP, cet article documente les activités pratiquées dans le cadre familial qui permettent de développer cette connaissance du principe alphabétique. Grâce à un matériau sélectionné de manière à faire varier les positions dans l’espace social des familles (des plus précaires aux plus favorisées) et les contextes de scolarisation (REP, école mixte, milieu bourgeois), cette recherche met en évidence la diversité des formes et des fréquences de ces activités. D’un côté, les parents peu dotés en capitaux culturel et scolaire développent plus rarement de telles activités et, lorsqu’ils le font, leurs modalités reprennent des formes scolaires. Ce faisant, ils s’exposent aux critiques des enseignant∙es qui leur reprochent d’empiéter sur leur territoire pédagogique. De l’autre côté, la transmission de la connaissance du principe alphabétique au sein des familles plus dotées en capitaux culturel et scolaire est plus fréquente. Les pratiques de transmission y prennent également des formes moins scolaires, ce qui facilite leur invisibilisation par une rhétorique de la demande : les parents affirment répondre à la curiosité de leur enfant et sous-estiment leur rôle dans leur développement ou nient être à l’initiative de certains apprentissages. |
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