« Quand on n’a que l’amour ». Le caring dans l’enseignement professionnel ou comment convertir des dispositions sociales en titre scolaire : le cas des élèves scolarisées en baccalauréat professionnel ASSP

Le baccalauréat professionnel ASSP (Accompagnement, soin, services à la personne) forme depuis 2011 de jeunes femmes d’origine populaire aux métiers du care. Bien que l’orientation dans la voie professionnelle soit fréquemment vécue sur le mode de la relégation par les élèves, la filière ASSP semble...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/rfp,
Autores principales: Cuny, Guillaume, Bell, Lucy
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Revue française de pédagogie 2024
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Le baccalauréat professionnel ASSP (Accompagnement, soin, services à la personne) forme depuis 2011 de jeunes femmes d’origine populaire aux métiers du care. Bien que l’orientation dans la voie professionnelle soit fréquemment vécue sur le mode de la relégation par les élèves, la filière ASSP semble en partie échapper à cette règle : les élèves scolarisées dans cette filière ont toutes choisi en tant que premier vœu cette spécialité. Ce qui apparaît comme un « choix » est à relier à la socialisation de ces jeunes femmes : en effet, les élèves en entretien déclarent massivement s’être dirigées dans cette filière parce qu’elles avaient l’habitude de s’occuper des autres dans leur famille. Ces dispositions liées à leur genre et à la division sexuelle du travail domestique vont ainsi trouver une suite « logique » dans la division sexuée des filières de l’enseignement professionnel. Si les élèves peuvent se servir de cette proximité pour établir un rapport vocationnel à l’orientation, nous nous demanderons si elles peuvent convertir ce capital culturel incorporé en un capital culturel institutionnalisé à travers l’obtention d’un titre scolaire. Nous verrons que les acteurs (proviseurs, CPE et professeurs) sont pris en étau entre, d’une part, la volonté de valoriser ce capital culturel – pour revaloriser les élèves – et, d’autre part, celle de le mettre à distance car il serait susceptible d’entraver la professionnalisation des élèves.