Souvenirs rétrospectifs de l’Anthropocène : la ville dans la cli‑fi italienne
En faisant surgir « l'impensable » dans notre quotidien, le changement climatique global brouille les frontières entre réalité et fiction. Depuis le début du siècle, l'urgence d’une prise de conscience environnementale marque un tournant dans le paysage philosophique et esthétique occident...
Wedi'i Gadw mewn:
| Cyhoeddwyd yn: | URI:https://journals.openedition.org/resf, |
|---|---|
| Prif Awdur: | |
| Fformat: | Article ou chapitre numérique |
| Iaith: | Français |
| Cyhoeddwyd: |
ReS Futurae
2023
|
| Pynciau: | |
| Mynediad Ar-lein: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Crynodeb: | En faisant surgir « l'impensable » dans notre quotidien, le changement climatique global brouille les frontières entre réalité et fiction. Depuis le début du siècle, l'urgence d’une prise de conscience environnementale marque un tournant dans le paysage philosophique et esthétique occidental. Afin de repenser nos structures cognitives et affectives, à partir des années 2000, de nombreux écrivains se sont éloignés du réalisme pour adopter des dispositifs dépaysants. C'est dans cette optique que la cli-fi, ce nouveau genre théorisé par Daniel Bloom, entre en jeu. Pour représenter le changement climatique, la cli‑fi réactive les schémas dystopiques et apocalyptiques et met en place une torsion narrative qui consiste à présenter la catastrophe à venir comme déjà advenue. Le lecteur est ainsi amené à appréhender ce qui arrive par la modalité rétrospective du futur antérieur. En même temps, la narration de la crise écologique déplace au premier plan les acteurs non humains, en inversant la relation entre la figure et le fond. Ainsi, dans la cli‑fi italienne, la ville s'impose comme véritable protagoniste. En mettant en scène une continuité poreuse entre le corps de la ville et celui de ses habitants, la cli‑fi italienne tente d'imaginer le monde à venir à partir de ce que Roberto Esposito a appelé le « paradigme immunitaire ». Polarisées entre la crainte de l'invasion et la nécessité de survivre en s'ouvrant aux autres, ces histoires alternent entre la tension utopique et la résignation. |
|---|