PISA : politique, problèmes fondamentaux et résultats paradoxaux

Durant la dernière décennie, PISA a renforcé fortement son influence sur les politiques éducatives dans les pays participants. Les résultats de ces enquêtes ouvrent bien des débats publics sur la qualité de l’enseignement scolaire. En effet, les résultats concernant les tableaux de scores et les cla...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/ree,
Auteur principal: Sjøberg, Svein
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Recherches en éducation 2021
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Durant la dernière décennie, PISA a renforcé fortement son influence sur les politiques éducatives dans les pays participants. Les résultats de ces enquêtes ouvrent bien des débats publics sur la qualité de l’enseignement scolaire. En effet, les résultats concernant les tableaux de scores et les classements des pays, bien que souvent pris dans leur valeur nominale, sont exploités tant par les médias que par les politiques et les décideurs. Cet article fait état de certaines réserves quant à la validité de ces scores et de ces classements que nous exposerons plus loin. Mais il y a, tout d’abord, lieu de soulever certaines questions fondamentales sur les raisons du lancement du projet PISA par l'OCDE. Des raisons qui sont, bien évidemment, fortement liées aux objectifs politiques d’ensemble de l’OCDE et à son engagement sous-jacent dans une économie de marché mondiale et concurrentielle. Pour étayer ce propos, des exemples seront donnés pour expliquer l’influence qu’exerce PISA sur les politiques éducatives. Nous commencerons par émettre deux catégories de critiques qui seront discutées. La première a trait au projet PISA en tant que tel. Nous montrerons qu'il est impossible de construire d’une manière objective une enquête qui peut être utilisée pour des pays et des cultures différents. De même, l’exclusion du local et du spécifique va à l’encontre des préconisations de l'UNESCO, de celles des éducateurs et des programmes scolaires nationaux relatifs à l'éducation scientifique. La deuxième catégorie de critiques se rapporte à certains résultats paradoxaux. Il semble que les élèves dans les pays à hauts scores développent les attitudes les plus négatives envers la science. Il ressort également que les scores sont indépendants de certains facteurs comme le niveau des ressources pédagogiques, la taille des classes, etc. Enfin, les résultats sont corrélés négativement à l'utilisation des méthodes pédagogiques actives, des démarches d’investigation et des TIC. En tous les cas que l'on croie ou non au bien fondé du projet PISA, de tels résultats aussi surprenants soient-ils méritent d’être discutés.