L’altruisme, une condition de l’autorité éducative émancipatrice ?
L’épineuse question de l'autorité dans le champ éducatif n’est pas nouvelle, et elle fait plus que jamais débat. Une certaine « érosion » (Prairat, 2012) de l’autorité en éducation semble communément admise, toutefois la notion d’autorité est accueillie de manière hétérogène. Autorité et autori...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/ree, |
|---|---|
| Egile nagusia: | |
| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Recherches en éducation
2020
|
| Gaiak: | |
| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | L’épineuse question de l'autorité dans le champ éducatif n’est pas nouvelle, et elle fait plus que jamais débat. Une certaine « érosion » (Prairat, 2012) de l’autorité en éducation semble communément admise, toutefois la notion d’autorité est accueillie de manière hétérogène. Autorité et autoritarisme sont souvent confondus, ce qui amène d’un côté au rejet radical de l’idée même d’autorité éducative, et de l’autre côté à la volonté nostalgique de réhabiliter sous certaines formes perverties une autorité traditionnelle dure. Au sens de « auctoritas », l'autorité n'est pourtant ni domination, ni manipulation, ni conditionnement ; elle semble même nécessaire car elle autorise l'éducateur à éduquer, elle est librement reconnue comme légitime par le sujet éduqué : elle ne vise pas la soumission de l'autre mais autorise son émancipation. Reste à mettre en évidence les principales conditions d’une autorité éducative émancipatrice capable de déjouer les pièges de l’autoritarisme et de la totale permissivité : viser l’émancipation de la « personne » ; respecter tout être humain sans exception en tant que « Personne » de manière inconditionnelle et interdire toute forme de nuisance et de violence à son égard ; permettre la reconnaissance mutuelle et libre ; intégrer le tiers personnel et symbolique ; favoriser la co-construction des savoirs et la transmission de l’héritage culturel de l’humanité ; permettre la sortie des pièges du désir mimétique ; considérer l’asymétrie de la relation éducative comme temporaire et potentiellement réversible. À partir d’une approche en philosophie de l’éducation, nous travaillons l’hypothèse selon laquelle une éthique éducative de l’altruisme permet d’accéder à une autorité éducative émancipatrice, puis de favoriser sa juste et bonne mise en application dans la singularité des situations. |
|---|