L’enseignement scientifique, entre émancipation et asservissement ?

Maintenant que les textes institutionnels sur l’enseignement des sciences se préoccupent fortement de l’apprentissage des élèves à partir des problèmes et qu’ils valorisent leurs investigations, il paraît particulièrement intéressant d’étudier ce qui se joue dans les moments de débat où les idées ex...

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Auteur principal: Orange-Ravachol, Denise
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Recherches en éducation 2020
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Maintenant que les textes institutionnels sur l’enseignement des sciences se préoccupent fortement de l’apprentissage des élèves à partir des problèmes et qu’ils valorisent leurs investigations, il paraît particulièrement intéressant d’étudier ce qui se joue dans les moments de débat où les idées explicatives des élèves s’expriment et se confrontent et les moments qui leur font suite, où l’enseignant cherche à conduire la classe vers une explication raisonnée scientifiquement acceptable au niveau d’enseignement considéré. C’est ce que nous faisons dans notre article, en nous appuyant sur deux séquences forcées (les mouvements corporels, le volcanisme) et en étudiant comment les écoliers du cours moyen (9-11 ans) passent du débat sur leurs idées explicatives au travail sur les argumentations portant sur ces idées. Nous questionnons ce que cette charnière de la démarche permet d’émancipation de la pensée et d’acculturation scientifique des élèves. Nous montrons que, pour ces problèmes qui « parlent » à tous les élèves, les moments de débat peuvent permettre à chacun d’entre eux de s’ouvrir à d’autres possibles explicatifs, donc de se détacher de leur propre production tout en la faisant entrer dans un creuset commun (acculturation/émancipation). Mais ce mouvement d’émanci-pation n’a rien d’immédiat parce que des élèves peuvent se cantonner dans leurs préjugés. Le recours à des artifices didactiques comme les caricatures des différents modèles explicatifs de la classe ou le classement d’argumentation apparaissent comme des facilitateurs tant d’émancipation que d’acculturation.