L’auto-entrepreneuriat : une gestion individuelle du sous-emploi

Si le régime de l’auto-entrepreneur, régime simplifié de création d’entreprises entré en vigueur en 2009, est présenté comme instrument de cumul des revenus au service du pouvoir d’achat des Français, son succès semble largement alimenté par le chômage. La mobilisation d’une enquête statistique et d...

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Kaydedildi:
Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/nrt,
Yazar: Abdelnour, Sarah
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: La Nouvelle Revue du Travail 2014
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Si le régime de l’auto-entrepreneur, régime simplifié de création d’entreprises entré en vigueur en 2009, est présenté comme instrument de cumul des revenus au service du pouvoir d’achat des Français, son succès semble largement alimenté par le chômage. La mobilisation d’une enquête statistique et d’entretiens réalisés avec une trentaine d’auto-entrepreneurs montre que le dispositif, aux frontières du salariat et de l’indépendance, fonctionne comme instrument de gestion du sous-emploi. Un tiers des auto-entrepreneurs étant des chômeurs, le dispositif peut d’abord être envisagé comme instrument de sortie du chômage, diffusé toutefois largement hors des institutions chargées du retour à l’emploi. L’auto-emploi peut ensuite être appréhendé comme outil d’aménagement de situations précaires pour des salariés peu qualifiés ou en insertion professionnelle. Enfin, l’auto-entrepreneuriat sert parfois à contourner le chômage ainsi que son encadrement, jugé inefficace et stigmatisant. L’auto-entrepreneuriat constitue alors une assurance privée contre le risque de chômage, brouillant autant les frontières entre salariat et indépendance qu’entre chômage et travail et déstabilisant les fondements de la société salariale.