Oedipus Abuser: Insult and Embodied Aesthetics in Sophocles
La tragédie contribue de façon unique aux croisements entre le corps et le langage et, dans cette perspective, cette contribution entend réfléchir sur l’esthétique de l’abus. Ces effets esthétiques dépendent de la texture feuilletée de semiosis dramatique, qui se fonde autant sur la langue du texte...
שמור ב:
| הוצא לאור ב: | URI:https://journals.openedition.org/mondesanciens, |
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| מחבר ראשי: | |
| פורמט: | Article ou chapitre numérique |
| שפה: | Anglais |
| יצא לאור: |
Cahiers « Mondes anciens »
2014
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| נושאים: | |
| גישה מקוונת: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| סיכום: | La tragédie contribue de façon unique aux croisements entre le corps et le langage et, dans cette perspective, cette contribution entend réfléchir sur l’esthétique de l’abus. Ces effets esthétiques dépendent de la texture feuilletée de semiosis dramatique, qui se fonde autant sur la langue du texte que sur les possibilités ouvertes par la mise en scène. Dans ce cadre dramatique, les formes les plus délabrées peuvent remplacer les plus héroïques comme objets de vénération précisément à cause des qualités paradoxales de l’esthétique tragique. À l’inverse, une figure glorifiée peut apparaître rabaissée, en vertu de son placement erroné dans l’ordre des choses. J’analyse à cette aune le cas d’Œdipe qui, dans Œdipe Tyran, profère des malédictions à l’encontre d’un criminel encore non identifié, un kakourgos de la pire espèce, tout en menaçant Tirésias, le voyant aveugle et décrépit. Ses insultes atteignent en fin de compte son propre statut et stature, puisqu’il apparaît à la fin du drame comme la cible de ses propos abusifs, à la fois criminel et aveugle. C’est alors seulement qu’il peut devenir, dans ce nouvel état de déréliction, un objet de plaisir tragique. Cette métamorphose du roi – qui, de kallistos devient athlios – semble aussi le rendre plus accessible tant à la fin de cette pièce que dans Œdipe à Colone. Cette différence ahurissante est marquée particulièrement par ce que les théoriciens de la sémiotique théâtrale appellent « proxémie » (c’est-à-dire des indicateurs de proximité). Tant qu’Œdipe reste un roi hardi avec tous ses sens intacts, ses seuls gestes vis-à-vis des autres sont autoritaires, voire abusifs et teintés de la violence. Quand, au contraire, il est aveugle et affaibli, il recherche un contact physique affectueux avec ses filles et fait des concessions avec ceux qu’il rencontre. En soulignant la façon dont un langage violent et des indications scéniques ciblées contribuent à construire la perception de la stature héroïque, on espère atteindre une compréhension plus complète de la représentation tragique et de ses plaisirs particuliers. |
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