De la question formelle à la question du sens ?
Dans un texte assez récent, Edgar Morin rappelait que les « cultivés » des siècles précédents fréquentaient les grands textes de la littérature, non pour leur valeur ornementale (comme aurait dit Rossellini), mais pour s’inspirer, dans leur propre vie, de ce qu’ils leur offraient comme « matière réf...
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Mise au point
2013
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Dans un texte assez récent, Edgar Morin rappelait que les « cultivés » des siècles précédents fréquentaient les grands textes de la littérature, non pour leur valeur ornementale (comme aurait dit Rossellini), mais pour s’inspirer, dans leur propre vie, de ce qu’ils leur offraient comme « matière réflexive ». Une réflexion qui en rappelle une autre. « Qu’est-ce qui permet l’évolution culturelle ? », s’interrogeait Karl Popper, avant de répondre : « la critique ». Si l’on observe avec attention les films des grands cinéastes, leur démarche s’inscrit dans ce cadre de pensée. De leurs principaux personnages, ils élaborent une critique, souvent des plus sévères. Ils établissent un lien métaphorique entre la conduite de leurs personnages et ce que celle-ci induit dans la conscience de leurs spectateurs. On a souvent dit que ces derniers étaient « nouveaux » du ou des films qu’ils visionnaient. A l’aune de la proposition d’Edgar Morin, il faudrait ajouter qu’ils sont « nouveaux » de cette critique elle-même.Avant même de se poser la question de la finalité de la recherche en cinéma, ne convient-il pas de s’interroger sur celle du cinéma lui-même. Et pour commencer, de ce que nous, universitaires, critiques, enseignants… entendons par « cinéma » puisque nous nous ne reconnaissons, de fait, qu’une faible partie de la production d’« images-sons animées » mondiale (une reconnaissance finalement très étroite, ainsi que le montrera la thèse de l’un de mes étudiants qui a relevé le [petit] nombre de citations par films/cinéastes apparaissant dans nos ouvrages).Il ne s’agit évidemment pas de donner au cinéma une unicité qu’il n’a (heureusement) pas, mais de s’interroger sur la finalité exacte de ce que l’on appelle le « travail du film » dans un certain nombre de ses œuvres marquantes. On sait combien Roberto Rossellini reprochait à la France et, non sans une certaine amertume, au cinéma de ses amis de la Nouvelle Vague, d’avoir déserté le terrain de la connaissance. En d’autres termes, complétant la question de la production filmique elle-même, pourquoi l’analyse de films, pourquoi l’étude des œuvres ? Doivent-elles demeurer comme « aplaties » sur les principes de construction qu’elles contribuent à mettre en lumière ou s’ouvrir à la dimension du « référent imaginaire », lieu sans doute ultime de la projection cinématographique ? |
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