L’éducation morale dans les projets de loi sur l’instruction publique pendant la Révolution : un miroir des antinomies des Lumières

Thème central de la pédagogie révolutionnaire, la morale a occupé une place importante dans les projets de loi sur l’instruction publique débattus en France à cette époque. L’analyse des projets de Talleyrand, Condorcet, Romme, Le Peletier, Bouquier, rédigés entre 1791 et 1793, permet de mettre en é...

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Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/lrf,
Hoofdauteur: Doria, Corinne
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: La Révolution française 2013
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Omschrijving
Samenvatting:Thème central de la pédagogie révolutionnaire, la morale a occupé une place importante dans les projets de loi sur l’instruction publique débattus en France à cette époque. L’analyse des projets de Talleyrand, Condorcet, Romme, Le Peletier, Bouquier, rédigés entre 1791 et 1793, permet de mettre en évidence trois questions sur l’enseignement de la morale et sa pédagogie sur lesquels les pédagogues de l’époque révolutionnaire ont eu des opinions très différentes. Ce questionnement porte sur la définition de la morale, la position de la morale par rapport à l’intellect, et enfin la méthode de l’enseignement moral. La façon dont ces questions sont abordées est héritée des grands débats philosophiques du XVIIIe siècle, et renvoie, parmi celles que Roland Desné a appelé les antinomies de la philosophie des Lumières, à trois d’entre elles. La question du rapport entre absolu et contingent ; entre réductionnisme et « anti-réductionnisme » et enfin l’opposition entre la recherche d’une évolution permanente et la conviction que l’homme reste toujours le même. La Révolution a ainsi hérité du XVIIIe siècle non seulement des valeurs et des idéaux, mais aussi toute la complexité de ses débats philosophiques, dont les contradictions ressortent en filigrane dans les textes sur l’instruction publique que nous avons examinés. Ces antinomies traversent les années et ne sont pas résolues dans ce qui constitue le passage du plan spéculatif des œuvres philosophiques au plan pratique des projets de lois.