Grammaires et littéracies

En quelques années, la notion de littéracie a profondément modifié le paysage didactique. Ce sont aujourd’hui les littéracies qui intéressent la communauté éducative, à travers l’interaction des moyens de communication et des pratiques de lecture-écriture. La grammaire est fortement touchée par cett...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/lidil,
Autres auteurs: Meyer, Jean-Paul
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Lidil 2017
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:En quelques années, la notion de littéracie a profondément modifié le paysage didactique. Ce sont aujourd’hui les littéracies qui intéressent la communauté éducative, à travers l’interaction des moyens de communication et des pratiques de lecture-écriture. La grammaire est fortement touchée par cette transformation, tant la littéracie redéfinit la place et le rôle des outils de structuration de la langue. Grammaire de la phrase et du texte, compétence (méta)langagière, transposition didactique, formes de l’enseignement-apprentissage… L’essaimage de la notion ouvre des perspectives qui concernent tous les domaines de la grammaire. Pour rendre compte du phénomène, les articles réunis ici explorent trois directions : les apprentissages grammaticaux initiaux, la production de textes au niveau avancé, la formation des enseignants. F. Chnane-Davin et J.-P. Cuq observent comment des élèves allophones nouvellement arrivés en France entrent en littéracie en utilisant la grammaire pour l’acquisition des compétences attendues à l’écrit. G.-D. Véronique examine quant à lui le lien entre l’acquisition d’une structure donnée et ses développements fonctionnels dans la langue. En écho, P. Boyer, M. Lebrun et N. Roy analysent un corpus de manuels numériques de grammaire pour mesurer l’apport réel du numérique dans l’emploi des ouvrages. Chez les apprenants avancés, le cadre des littéracies permet d’articuler la grammaire et les activités autour du texte. S. Mahmudova, dans le cas particulier des connecteurs, montre comment le degré de maitrise de ses étudiants leur fait employer les formes attendues ou mobiliser des moyens équivalents. Dans une approche plus discursive, M.-O. Hidden et H. Portine s’intéressent à la manière dont les apprenants avancés de FLE prennent en compte la polyphonie textuelle. Le domaine des littéracies universitaires permet à M. Beillet et É. Lang d’étudier l’impact des normes langagières sur les pratiques évaluatives des enseignants. En écho, le travail de È. Lejot montre comment des doctorants engagés dans une démarche de réécriture articulent grammaire de la phrase et cohérence du texte. C. Delhay, à travers une enquête réalisée auprès d’étudiant.e.s préparant le CAPES de lettres modernes, étudie le lien entre la maitrise du métalangage et les compétences en stylistique. Enfin, B. Lavieu-Gwozdz et T. Pagnier décrivent la manière dont les futurs enseignants se représentent la grammaire, assez loin de l’attente institutionnelle dans ce domaine. In just a few years, the notion of literacy has profoundly changed the field of didactics. Nowadays, literacy is of interest to the educational community in terms of interaction with communication media as well as reading and writing practices. Grammar is strongly impacted by these changes as literacy redefines the place and role of language structuring tools, such as sentence and text grammar, (meta)linguistic competence, didactic transposition, and teaching-learning methods. The reach of this concept opens up perspectives that concern all areas of grammar. To illustrate this phenomenon, the articles presented here cover three aspects: initial grammatical learning, text production at an advanced level, and teacher training. F. Chnane-Davin and J.-P. Cuq observe how newly arrived allophone students in France acquire literacy skills by using grammar to acquire the skills expected of them in writing. G.-D. Véronique examines the connection between the acquisition of a given structure and its functional development in the language. In a similar vein, P. Boyer, M. Lebrun and N. Roy analyse a corpus of digital grammar textbooks to assess the real contribution of digital technology to the way textbooks are being used. For advanced learners, the literacy framework provides a way to link grammar and activities to the text. In the specific context of connectors, S. Mahmudova illustrates how her students use—depending on their degree of control—the expected forms or equivalent means. In a more discursive approach, M.-O. Hidden and H. Portine focus on how advanced FLE learners take textual polyphony into account. The field of academic literacy provides an opportunity for M. Beillet and É. Lang to study the impact of language norms on teachers’ assessment practices for students. Echoing this, the work of È. Lejot illustrates how doctoral students working on rewriting articulate the grammar of the sentence and the coherence of the text. C. Delhay examines the link between mastery of metalanguage and stylistic skills through a survey of students preparing for the CAPES (French Certificate of aptitude for secondary school teachers) in modern literature. Finally, B. Lavieu-Gwozdz and T. Pagnier describe how would-be teachers understand grammar, far from the institutional expectations in this field.