Représenter la révolution au théâtre (1918-2017) ou comment la locomotive de l’histoire a quitté la voie radieuse

Entre 1918 et 1989, les célébrations d’Octobre au théâtre ont engendré un genre particulier dans le cadre du « goszakaz », la commande d’État, au même titre que les spectacles dédiés à la problématique paysanne ou industrielle.La première partie évoque la symbolique qui se met en place dans les prin...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/ilcea,
Hoofdauteur: Autant-Mathieu, Marie-Christine
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: ILCEA 2019
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Entre 1918 et 1989, les célébrations d’Octobre au théâtre ont engendré un genre particulier dans le cadre du « goszakaz », la commande d’État, au même titre que les spectacles dédiés à la problématique paysanne ou industrielle.La première partie évoque la symbolique qui se met en place dans les principaux spectacles commémoratifs, depuis Mystère-Bouffe de Maïakovski / Meyerhold en 1918 en passant par les « léninianes » de N. Pogodine (L’Homme au fusil, 1937), V. Vichnievski (L’Inoubliable année 1919, 1950) et M. Chatrov à partir de 1967. Nous montrons quels enjeux ces spectacles ont représenté pour les auteurs, les acteurs, les metteurs en scène et la direction des théâtres et quelles transformations cette thématique a subies, depuis le culte du chef dans les années trente, sa critique au « dégel », jusqu’à la célébration obligée des années 1970 et 1980.Nous relevons ensuite quelques discordances dans le chœur laudatif : après avoir évoqué les pièces de Boulgakov (Les Jours des Tourbine, La Fuite), les reprises avec variations des spectacles-cultes (La Tragédie optimiste de Vichnievski, 1933 au Kamerny et en 1955 au BDT ; Les Carillons du Kremlin de Pogodine au Théâtre d’Art en 1942 et en 1957), nous nous arrêtons sur les audaces de Lioubimov à la Taganka avec l’adaptation scénique du livre de John Reed Les Dix jours qui ébranlèrent le monde en 1965.Pour finir, nous constatons, après l’effervescence libératrice de la perestroïka, la disparition de pièces et spectacles commémoratifs dès la chute de l’URSS. Mais pour le centenaire de 1917, quelques spectacles auront fait le lien avec la révolution d’Octobre : La Leçon d’histoire (un gala donné au Mariinski), Octavia. Trépanation (un opéra contemporain de Kourlianski mis en scène par Iouri Ioukhananov) et La Voie radieuse adapté d’un film des années 1940 par le très jeune metteur en scène A. Molotchnikov.