Good Food, Good People: Understanding the Cultural Répertoire of Ethical Food
Les universitaires conçoivent la consommation éthique comme un moyen privilégié par lequel les individus peuvent aborder les problèmes sociaux et écologiques. Bien qu’optimiste, cette conception mène à interroger la consommation éthique comme pratique sociale essentiellement réservée aux élites, tou...
محفوظ في:
| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/ideas, |
|---|---|
| المؤلفون الرئيسيون: | , , |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
IdeAs
2012
|
| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | Les universitaires conçoivent la consommation éthique comme un moyen privilégié par lequel les individus peuvent aborder les problèmes sociaux et écologiques. Bien qu’optimiste, cette conception mène à interroger la consommation éthique comme pratique sociale essentiellement réservée aux élites, tout particulièrement dans la mesure où les marchés de niche occupés par les produits alimentaires éthiques (biologiques ou équitables, par exemple) sont censés attirer en priorité les consommateurs aisés au niveau d’instruction élevé. Les universitaires ne saisissent pas pleinement le degré effectif de conscience des populations privilégiées par rapport aux questions d’éthique alimentaire lorsqu’elles effectuent leurs achats quotidiens, ni sur quels modes les groupes aux ressources limitées conçoivent la consommation éthique. Pour combler ces lacunes, l’objectif premier de cet article est donc de mieux comprendre la manière dont les consommateurs issus de différents milieux sociaux appréhendent l’alimentation éthique, et de quelle façon ils traduisent ces représentations en pratiques alimentaires quotidiennes. Cette étude est fondée sur quarante entretiens approfondis menés auprès de vingt familles dans deux quartiers de Toronto. Notre second objectif est de déterminer, parmi ces participants, ceux qui bénéficient d’un accès privilégié à l’alimentation éthique, et ceux qui en sont relativement marginalisés. Appuyant notre propos sur des concepts empruntés à la sociologie culturelle, nous examinerons comment l’alimentation éthique construit un répertoire culturel déterminé par des facteurs tels que le milieu social et ethnoculturel, et de quelle façon les habitudes alimentaires tracent des frontières symboliques. Nous nous rendrons compte que les conditions matérielles privilégiées semblent en effet faciliter l’accès aux répertoires dominants de l’alimentation éthique, au sein desquels les considérations environnementales occupent une place prépondérante. Même si les communautés à faibles revenus et les communautés racialisées ont généralement moins recours à de tels répertoires alimentaires, leurs habitudes alimentaires sont loin d’être dénuées de morale : en témoignent certaines adaptations créatives des répertoires dominants de l’alimentation éthique visant à les adapter à de faibles revenus, ainsi que l’usage de cadres culturels différents leur permettant d’aborder les enjeux moraux liés à l’alimentation. |
|---|