« L’absence ou la perte totale du pénis nécessitent l’exemption ». Virilité et conformité génitale dans l’examen médical d’aptitude au service militaire (fin xixe-début xxe siècle)

Au cours du recrutement, le corps des potentiels soldats est examiné par des médecins qui cherchent à y déceler des motifs d’inaptitude militaire. Les experts inspectent notamment les organes génitaux dont certaines pathologies et vices de conformation sont déclarés incompatibles avec la vie de sold...

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Bibliographic Details
In:URI:https://journals.openedition.org/hms,
Main Author: Berdouticq, Aude-Marie Lalanne
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Histoire, médecine et santé 2024
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Au cours du recrutement, le corps des potentiels soldats est examiné par des médecins qui cherchent à y déceler des motifs d’inaptitude militaire. Les experts inspectent notamment les organes génitaux dont certaines pathologies et vices de conformation sont déclarés incompatibles avec la vie de soldat. Si des considérations fonctionnelles orientent cette exploration, l’examen reflète également une certaine normativité virile dont les caractéristiques sont entièrement dictées par les besoins de l’institution militaire. L’inspection des organes reproducteurs par les médecins militaires reste purement anatomique et ne sous-tend aucun pronostic quant aux performances sexuelles et au pouvoir générateur du candidat. En cela, la conception du masculin attachée à cet examen s’oppose à d’autres représentations de la virilité, à la fois savantes et profanes. Elle s’oppose à celle des médecins ordinaires qui considèrent assez systématiquement d’autres critères que ceux de l’apparence des organes génitaux, et à celle des recrues elles-mêmes, qui investissent fréquemment l’examen d’aptitude d’une signification quant à leur puissance sexuelle.