L’invisibilité et la marginalité comme formes de résistance paradoxale au pouvoir
L’article suit l’hypothèse selon laquelle plusieurs romans parus ces dernières années proposent des formes de résistance au pouvoir, caractérisées avant tout par la marginalité et l’invisibilité. La marginalité et l’invisibilité n’y sont pas subies, mais intentionnelles : elles participent d’un mode...
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| 出版年: | URI:https://journals.openedition.org/fixxion, |
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| 第一著者: | |
| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 言語: | Français |
| 出版事項: |
Revue critique de fixxion française contemporaine
2022
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| 主題: | |
| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | L’article suit l’hypothèse selon laquelle plusieurs romans parus ces dernières années proposent des formes de résistance au pouvoir, caractérisées avant tout par la marginalité et l’invisibilité. La marginalité et l’invisibilité n’y sont pas subies, mais intentionnelles : elles participent d’un mode d’action et se trouvent même au fondement de tout un répertoire d’actions politiques dissidentes. Cette tendance constitue un infléchissement du « désir de disparaître » étudié par Dominique Rabaté (2015), qui concerne avant tout des personnages individuels : la disparition devient collective et plus explicitement politique dès La Conjuration (2013) de Philippe Vasset, roman qui ouvre la voie à cette inflexion. Si l’invisibilité et l’anonymat apparaissent comme un projet politique subversif, c’est que le pouvoir se manifeste avant tout dans ces romans par le contrôle, la surveillance et une injonction à l’hypervisibilité. La fiction rejoint sur certains points des manifestes politiques comme ceux du Comité invisible, dont l’injonction collective « Disparaissons ! » sert de titre au deuxième chapitre du livre À nos amis (2014). L’étude des formes de résistance au pouvoir dans L’Avancée de la nuit (2017) de Jakuta Alikavazovic, la trilogie Vernon Subutex (2015-2017) de Virginie Despentes, Éloge des bâtards (2019) d’Olivia Rosenthal et Les Furtifs d’Alain Damasio (2019) montre qu’outre l’invisibilité, l’anonymat et l’occupation des interstices du territoire échappant encore à la surveillance, c’est dans la grammaire et le temps que certains romans trouvent l’occasion de faire advenir des mondes possibles pour fuir le pouvoir. |
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