Une transition écologique sans expérience

Depuis une dizaine d’années, plusieurs universités françaises ont fait le choix de construire ou de rénover leurs bâtiments en smart buildings afin de diminuer leur consommation d’énergie. Ces bâtiments sont présentés comme des dispositifs écologiques, d’efficacité énergétique et de décarbonation. À...

Descrizione completa

Salvato in:
Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/emulations,
Autori principali: Aulanier, Audran, Dobigny, Laure
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Émulations 2026
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Depuis une dizaine d’années, plusieurs universités françaises ont fait le choix de construire ou de rénover leurs bâtiments en smart buildings afin de diminuer leur consommation d’énergie. Ces bâtiments sont présentés comme des dispositifs écologiques, d’efficacité énergétique et de décarbonation. À partir d’une ethnographie des usages de quatre smart buildings universitaires de la métropole de Lille, nous questionnerons les émotions que ces bâtiments suscitent. Nous verrons ainsi que les émotions négatives des usagers sont étroitement liées aux systèmes techniques déployés et à leur omniprésence dans ces bâtiments. Néanmoins, si cette « modernité » est plutôt ressentie de manière positive, ces bâtiments échouent à incarner l’écologie et à susciter l’implication des usagers dans la transition écologique. In fine, en donnant un rôle central au bâtiment, ces dispositifs tendent à dépolitiser la question écologique au profit de l’imaginaire techno-solutionniste du smart, où les usagers sont pensés sans émotion, dépossédés de l’expérience et donc de la possibilité même de changement et d’engagement.