Le débat sur la déchéance de la nationalité : mobilisations politiques du discours historique

Le débat sur la déchéance de la nationalité, ouvert par le président de la République à la suite des attentats de novembre 2015, a secoué la société française à l’hiver et au printemps 2016. Si la révision de la Constitution nécessaire à l’adoption de cette mesure a été aujourd’hui abandonnée, les q...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/elh,
Autore principale: Chémery, Valentin
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Écrire l’histoire 2017
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Le débat sur la déchéance de la nationalité, ouvert par le président de la République à la suite des attentats de novembre 2015, a secoué la société française à l’hiver et au printemps 2016. Si la révision de la Constitution nécessaire à l’adoption de cette mesure a été aujourd’hui abandonnée, les questionnements posés à cette occasion résonnent encore dans les discours politiques actuels, exacerbés par un contexte de campagne présidentielle. Ces débats ont suscité la mobilisation massive d’arguments historiques, de références parfois maladroites au passé, aux représentations de l’idée de nation, aux pratiques de transmission de la nationalité (et de la citoyenneté, car c’est aussi celle-ci qui est en jeu aujourd’hui), à la généalogie des lois existantes pour interroger leur possible déconstruction dans le contexte actuel, et ce, sans tenir toujours compte des travaux des historiens, pourtant nombreux. Ce hiatus mérite, quelques mois après, interrogation. Il s’agit ici de revenir sur un certain nombre de ces références historiques mobilisées dans le champ politique, par exemple lors de la discussion du projet de loi à l’Assemblée nationale le 5 février 2016, et avec elles sur leurs présupposés, leur prétendue valeur historique (quelles que soient par ailleurs les conclusions auxquelles elles pouvaient aboutir), et de questionner leur utilisation et la confronter à certains travaux historiens relativement ignorés dans le débat.