Pour une histoire inversée du refuge : les réfugiées acadiennes, autochtones et canadiennes en France et dans le monde Atlantique (1755-1793)

Le Canada est souvent perçu, depuis l’extérieur, comme un pays d’accueil tandis que son rôle en tant que pourvoyeur de réfugiés de guerre et de prisonniers politiques reste méconnu voire ignoré. Entre le milieu du XVIIIᵉ et le début du XXᵉ siècle, plusieurs groupes d’habitants du territoire que l’on...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/eccs,
Hlavní autor: Vasquez-Parra, Adeline
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Études canadiennes / Canadian Studies 2025
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:Le Canada est souvent perçu, depuis l’extérieur, comme un pays d’accueil tandis que son rôle en tant que pourvoyeur de réfugiés de guerre et de prisonniers politiques reste méconnu voire ignoré. Entre le milieu du XVIIIᵉ et le début du XXᵉ siècle, plusieurs groupes d’habitants du territoire que l’on nomme aujourd’hui Canada sont déplacés de force. De 1755 à 1761, des milliers d’Acadiens, d’habitants de Louisbourg et de « Canadiens », ainsi que leurs alliés autochtones, sont contraints à l’exil à travers l’Atlantique durant la guerre de Sept Ans (1755-1763) (Griffiths 2004). Plus tard, en 1838, 108 Patriotes bas-canadiens sont traduits en cour martiale, et 58 d’entre eux sont déportés en Australie (Boissery 1995). À la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus de 10 000 Canadiens japonais sont déplacés, internés, et certains « rapatriés » au Japon (Adachi 1991). Ces événements révèlent une transformation où des groupes sont soudain perçus comme « ennemis intérieurs » en temps de guerre. Cette étude propose une relecture inversée du premier de ces événements en centrant l’histoire sur les départs forcés, plutôt que sur l’arrivée au Canada, afin de souligner les pertes et les migrations involontaires. La dimension genrée de ces déplacements forcés, souvent oubliée, est ici mise en avant : les femmes ont joué un rôle essentiel dans le soutien et la préservation de leurs communautés face à l’exil, la déportation et la reconstruction. La langue s’avère leur principal espace de refuge et de résistance face aux violences systémiques et demeure essentielle à l’agentivité des femmes en quête de justice. En s’appuyant sur les pétitions et mémoires judiciaires produits par les femmes acadiennes, autochtones et canadiennes réfugiées en France et retrouvés aux archives nationales d’Outre-mer, cette recherche explore les tensions entre colonialisme et perte de statut et offre une perspective renouvelée sur les mobilités entre le Canada et le monde atlantique. Cette histoire transnationale, dégagée de son rapport au territoire unique, n’interroge-t-elle pas un passé archivé sur plusieurs territoires ?