Child’s Play? Graham Swift’s Shuttlecock and Freud’s Game of the Wooden Reel
Cet article se propose d’examiner le lien intime qui se noue entre le jeu et la souffrance dans le deuxième roman de Graham Swift. Il met aussi en avant la menace d’une dissociation entre l’un et l’autre terme: le jeu, lorsqu’il se réduit à une tentative de manipuler l’autre et d’établir un rapport...
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| 出版年: | URI:https://journals.openedition.org/ebc, |
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| 第一著者: | |
| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 言語: | Anglais |
| 出版事項: |
Études britanniques contemporaines
2015
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| 主題: | |
| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | Cet article se propose d’examiner le lien intime qui se noue entre le jeu et la souffrance dans le deuxième roman de Graham Swift. Il met aussi en avant la menace d’une dissociation entre l’un et l’autre terme: le jeu, lorsqu’il se réduit à une tentative de manipuler l’autre et d’établir un rapport de forces, est-il encore un jeu? Et qu’en est-il de la souffrance, lorsque les mots deviennent simple prétexte à un jeu qui permet de dire une chose et son contraire ? À côté des différents face-à-face qui, à l’intérieur de la diégèse, redoublent et dupliquent une même situation, c’est à la mise en scène à laquelle le narrateur se livre devant le lecteur qu’il s’agit de prêter attention : le récit se présente comme une confession qui brouille les règles du jeu, il devient à son tour jeu de cache-cache. Les observations de Freud devant son petit-fils jouant avec une bobine (que le titre « Shuttlecock » ne manque pas d’évoquer) s’avèrent pertinentes à plus d’un égard : Shuttlecock met en œuvre une dynamique paradoxale à travers laquelle la souffrance que l’on inflige ou que l’on s’inflige devient un moyen de s’en rendre maître à travers un drame où les positions de sujet et d’objet peuvent s’inverser à souhait. En même temps, le roman tente de dévoiler le pouvoir qui gît dans la renonciation à toute maîtrise. Se fait jour un désir de ne pas chercher à savoir, de s’installer dans cette absence qui permettrait que se mette en place un véritable « travail du jeu ». Crucial est alors le suspens dans l’entre-deux que dessine le mouvement de va-et vient du volant/de la voix. Dans ce deuxième roman qui cultive le trouble, l’entre-deux se fait néanmoins l’espace inconfortable du doute où, par son jeu infatigable, le narrateur brandit avec insistance une présence qu’il ne cesse de nous dérober. |
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