Lieu et non-lieu dans Wish You Were Here de Graham Swift

Cet article examine la façon dont la tension entre lieu et non-lieu qui travaille toute l’œuvre de Swift se retrouve dans son dernier roman en date, Wish You Were Here. Une fois de plus, Swift nous convie à un voyage dans un espace-temps élargi qu’il reconfigure à sa guise pour mieux y inscrire la r...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/ebc,
Hoofdauteur: Tollance, Pascale
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Études britanniques contemporaines 2015
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Omschrijving
Samenvatting:Cet article examine la façon dont la tension entre lieu et non-lieu qui travaille toute l’œuvre de Swift se retrouve dans son dernier roman en date, Wish You Were Here. Une fois de plus, Swift nous convie à un voyage dans un espace-temps élargi qu’il reconfigure à sa guise pour mieux y inscrire la récurrence d’un motif : celui d’une fumée s’élevant dans le ciel, sous lequel se succèdent différentes images de sinistre, de guerre et de destruction. Pour ce déraciné et ce dépossédé qu’est Jack, le lieu s’est mué en non-lieu car il se définit avant tout par ce qu’il n’est pas ou n’est plus : Jack n’est pas plus chez lui dans l’île sur laquelle il a trouvé refuge que dans sa ferme natale, désormais passée à des mains étrangères. Mais si le lieu est toujours doublé ou creusé par le non-lieu, c’est aussi en raison du pouvoir de hantise qu’il exerce : tout le roman est mis sous le signe de ce qui est voué à disparaître et en même temps se refuse à disparaître — fumée qui plane dans les cieux ou brume épaisse dans laquelle est plongée la chambre depuis laquelle se déroule la plus grande partie du récit. L’‘ici’ de Jack fait en outre écho à l’‘ici’ du titre, ce lieu qui ne se définit que par rapport à un sujet qui s’éclipse, ou encore ce non-lieu qui creuse dans l’énoncé la place de l’avoir-lieu de l’énonciation. Alors que l’appartenance au lieu s’exprime dans tout ce qu’elle a de charnel, c’est une parole exilée, détachée du corps, qui s’entend dans ce roman.