The Innocent and the Mechanical: Ruskin’s Pictorial and Photographic Eye

Cet article prend pour point de départ l’ambivalence de Ruskin au sujet de la photographie, qui s’étend d’une critique acerbe à un éloge admiratif. Que les idées de Ruskin aient changé au cours de sa vie n’est pas surprenant ; ce n’est pas non plus chose nouvelle, une myriade de critiques ayant atta...

Fuld beskrivelse

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/cve,
Hovedforfatter: Rigal, Raphaël
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Anglais
Udgivet: Cahiers victoriens et édouardiens 2025
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Cet article prend pour point de départ l’ambivalence de Ruskin au sujet de la photographie, qui s’étend d’une critique acerbe à un éloge admiratif. Que les idées de Ruskin aient changé au cours de sa vie n’est pas surprenant ; ce n’est pas non plus chose nouvelle, une myriade de critiques ayant attaqué cet aspect de la pensée ruskinienne. Sa rencontre avec la nouvelle technologie photographique est plus qu’une découverte. C’est un jeu de cache-cache entre une révolution du visuel et un homme dont la vie entière était dédiée au voir. Le rejet apparent de la photographie par Ruskin cache une proximité théorique entre deux visions. Dans Elements of Drawing, Ruskin invite ses lecteurs et potentiels étudiants de dessin à recourir à « l’innocence de l’œil », une façon de voir le monde qui s’appuierait sur une perception purifiée, débarrassée de toutes les idées préconçues et significations associées à ce qui est perçu visuellement — le but étant de se reposer sur une expérience directe du monde. L’on pourrait concevoir l’appareil photographique, en tant qu’objet technique, comme un mécanisme similaire, produisant l’empreinte de la lumière. Dans les deux cas, la représentation pourrait réduire le monde à son existence, faisant fi de tout le sens attaché aux phénomènes que sont les images. Mais cette approche froide et mécanique de la représentation ne permet pas de rendre compte de l’attachement ruskinien au sens profond des objets naturels ou artificiels ; de la même façon, elle ne rend pas compte du pouvoir des photographies comme objets et signifiants symboliques, au-delà de simples reflets de la réalité. En revenant à l’approche théorique de la vision appliquée, telle que présentée dans les textes de Ruskin, cet article essaiera de résoudre ce décalage entre signifiant et signification, et entre la transparence et le sens. Cela sera fait en examinant la potentielle approche d’une application à la photographie de la théorie de la vision de Ruskin, et en la connectant aux prétentions artistiques de la photographie, en particulier dans le contexte du xixe siècle ; un lien sera aussi établi avec l’utilisation de la représentation pour aider à la conservation d’environnements naturels et artificiels, ce qui nous amènera à interroger l’usage politique de la vision.