De l’élaboration d’une catégorie de « savoir de croyance » : le cas de l’argumentation des valeurs

La notion d’éthique est explorée dans cette contribution dans le cadre de pratiques discursives et argumentatives socio-historiques. Ces pratiques poursuivent une visée cognitive heuristique. Il s’agit de mettre l’accent sur cette étape cruciale où une prise de position éthique incite l’observateur...

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Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/ctd,
Prif Awdur: Koren, Roselyne
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Communication, technologies et développement 2026
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Crynodeb:La notion d’éthique est explorée dans cette contribution dans le cadre de pratiques discursives et argumentatives socio-historiques. Ces pratiques poursuivent une visée cognitive heuristique. Il s’agit de mettre l’accent sur cette étape cruciale où une prise de position éthique incite l’observateur à activer et analyser des procédures de réflexion et de questionnement critique. Ces procédures œuvrent à l’élaboration de savoirs permettant de prendre des décisions en vue d’un passage à l’action. Ce qui se construit alors est un « savoir de croyance » subjectif que l’analyste du discours, P. Charaudeau (2023 : 211) oppose à la notion épistémique objective de « savoir de connaissance ». Ce type de savoir donne la primauté, dans la présente étude, à l’argumentation de valeurs et donc à une catégorie de savoir dépendant de l’opinion. Mais celle-ci n’y est plus synonyme d’irrationalité. Elle active au contraire un régime de rationalité axiologique rigoureux où le jugement de valeur n’est pas stigmatisant, mais cognitif. Le théoricien de l’argumentation, Chaïm Perelman (1983, 1989) le définit et l’explore dans l’ensemble de ses travaux sur l’argumentation des valeurs et la réhabilitation des savoirs élaborés par l’opinion.On tentera de démontrer et d’illustrer ici l’hypothèse suivante : les savoirs de croyance jouent dans la vie sociale un rôle primordial et non pas marginal ni occasionnel. Ils construisent un régime de rationalité pratique permettant aux individus et aux collectivités de prendre des décisions, puis d’agir « au nom de ». Ce cadre théorique sera, dans un second temps, mis à l’épreuve de deux études de cas emblématiques et des pratiques qu’elles mettent en œuvre afin de construire et de légitimer des savoirs de croyance axiologiques.