Sentiment d’injustice et engagement. Les expressions militantes de chocs moraux en contexte coercitif ou autoritaire

Sentiment d’injustice et engagement militant sont souvent associés, parfois sur le registre de l’évidence, l’un générant l’autre dans une sorte de continuum. Les liens ainsi relevés entre sentiments moraux — qui ont leur spécificité parmi les émotions politiques — et engagement sont interrogés ici à...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/conflits,
Auteur principal: Larzillière, Pénélope
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cultures & conflits 2019
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Sentiment d’injustice et engagement militant sont souvent associés, parfois sur le registre de l’évidence, l’un générant l’autre dans une sorte de continuum. Les liens ainsi relevés entre sentiments moraux — qui ont leur spécificité parmi les émotions politiques — et engagement sont interrogés ici à partir d’un déplacement et d’un décentrement, des contextes démocratiques occidentaux actuels vers des contextes coercitifs et autoritaires, sur la base d’enquêtes menées au Proche-Orient. La nécessité de prendre en compte l’intensification émotionnelle liée à des expériences politiques violentes apparaît ici, pour autant elle n’établit pas — à elle seule — une évidente continuité entre choc induit par certaines expériences, sentiment d’injustice et engagement. Les énonciations militantes du sentiment d’injustice renvoient en effet à un triple registre : expression d’un ressenti nourri d’expériences vécues ou transmises, référence à des cadrages idéologiques qui tout à la fois légitiment les formes prises par leur engagement et contribuent à mettre en sens leur situation et inscription dans une argumentation morale générale.