Reproduire la communauté nationale

Résumé : En ce qu’ils unissent un ressortissant national à un ressortissant étranger, les mariages internationaux interrogent l’affiliation nationale de la cellule familiale, instance majeure de reproduction biologique et sociale de la communauté nationale. Examiner les mariages internationaux sous...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/cipango,
Autor principal: Corbel, Amélie
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Cipango 2024
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:Résumé : En ce qu’ils unissent un ressortissant national à un ressortissant étranger, les mariages internationaux interrogent l’affiliation nationale de la cellule familiale, instance majeure de reproduction biologique et sociale de la communauté nationale. Examiner les mariages internationaux sous l’angle de leurs régulations permet d’observer les dynamiques d’inclusion et d’exclusion à cette communauté nationale. Adoptant une perspective de temps long (1899-2015), le présent article retrace l’évolution des conditions d’inclusion/exclusion des familles issues de mariages internationaux au Japon, et ce faisant éclaire certaines dynamiques de stratification sociale internes à la société japonaise.Au cours de la première moitié du xxe siècle, le principe d’unité de nationalité des époux est appliqué de manière à conditionner l’appartenance nationale à l’affiliation à une maisonnée japonaise (ie 家), une affiliation qui repose elle-même largement sur des principes genrés. Si la réforme de 1950 consacre l’individualisation de l’appartenance nationale, femmes et hommes japonais restent inégaux dans leur capacité à inclure les membres de leur famille au sein de la communauté nationale jusqu’au milieu des années 1980. L’évolution de ces trente dernières années se caractérise par un renforcement des droits dérivés de l’institution matrimoniale dans le domaine migratoire. Cependant, si la politique de l’appartenance s’est faite plus inclusive, elle est aussi davantage conditionnée à des critères socio-économiques et à un contrôle de l’authenticité du mariage.