Autorité bienveillante : le travail émotionnel des juges au sein des tribunaux de santé mentale 

Cet article aborde la surreprésentation des personnes ayant des troubles de santé mentale dans le système judiciaire. Pour répondre à cet enjeu, des initiatives de déjudiciarisation, comme les tribunaux de santé mentale, ont été déployées. Ces tribunaux visent à orienter les individus vers des servi...

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Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/champpenal,
Prif Awduron: Michaud, Audrey-Anne Dumais, Nault, Geneviève, Larose-Hébert, Katharine, Charbonneau, Sophie, Guerreiro, João Da Silva
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Champ pénal/Penal field 2024
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:Cet article aborde la surreprésentation des personnes ayant des troubles de santé mentale dans le système judiciaire. Pour répondre à cet enjeu, des initiatives de déjudiciarisation, comme les tribunaux de santé mentale, ont été déployées. Ces tribunaux visent à orienter les individus vers des services de soins plutôt qu’à les incarcérer, en reconnaissant l’importance d’offrir des soins à la personne plutôt que de se concentrer uniquement sur les délits. Les tribunaux de santé mentale, tels que les Programmes d’accompagnement justice santé mentale (PAJ-SM) au Québec, cherchent à réduire la récidive en s’appuyant sur la justice thérapeutique. L’article met en lumière le travail émotionnel des juges dans ces tribunaux spécialisés. Contrairement à l’image traditionnelle du ou de la juge impartiale et détachée, les juges des PAJ-SM expriment et gèrent leurs émotions dans le cadre de leurs fonctions. Ils établissent des relations de confiance avec les participants, ce qui favorise un cadre propice à l’établissement d’un climat de soutien. Ce travail émotionnel est essentiel pour créer un environnement où les participants se sentent entendus et valorisés, facilitant ainsi leur engagement dans le programme. Les juges témoignent d’une expérience où la dimension humaine de leur rôle prend le pas sur la seule application de la loi. Leur engagement émotionnel contribue à une transformation de la perception des personnes accusées, qui passent du statut de délinquant à celui de participant nécessitant un soutien thérapeutique. Ce changement semble contribuer à une reconfiguration du système judiciaire, en intégrant davantage des éléments de santé et de services sociaux dans les procédures pénales. En conclusion, cet article ouvre la voie à de nouvelles recherches sur le rôle des émotions dans le fonctionnement des tribunaux de santé mentale.