Une méthode pour documenter la prise en compte de la corporéité en formation

L’acception du corps dans les travaux menés relève de la tradition phénoménologique telle que considérée par Merleau-Ponty selon laquelle il occupe une place centrale dans l’expérience humaine et la compréhension du monde. Le corps perçu est considéré comme le point d’ancrage de l’existence et le mo...

Cijeli opis

Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/ced,
Glavni autor: Archieri, Catherine
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Contextes et didactiques 2025
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:L’acception du corps dans les travaux menés relève de la tradition phénoménologique telle que considérée par Merleau-Ponty selon laquelle il occupe une place centrale dans l’expérience humaine et la compréhension du monde. Le corps perçu est considéré comme le point d’ancrage de l’existence et le moyen par lequel le sujet s’engage et interagit avec le monde qui l’entoure (Merleau-Ponty, 1945). Ainsi, le corps n’est pas simplement un objet matériel parmi d’autres, mais il est à la fois le moyen par lequel nous percevons et agissons dans le monde. Merleau-Ponty soutient que notre conscience du corps ne se limite pas à une représentation mentale, mais qu’elle est ancrée dans notre expérience corporelle concrète. Pour le dire autrement, le corps est le fondement de notre existence. Il est le point de départ de notre expérience du monde, de notre relation avec les autres et de notre expression. Le corps est le lieu où se rencontrent le sujet et le monde, l’esprit et la matière. Dans la formation des adultes, en particulier dans l’enseignement supérieur, le corps est une dimension très souvent oubliée. Pour autant, l’expérience corporelle en formation est un aspect important qu’il s’agit de pouvoir instrumenter en formation, et donc documenter en recherche. Cette contribution scientifique consiste à présenter une méthodologie adaptée à l’analyse de la construction de l’expérience corporelle d’acteurs participant à des enquêtes empiriques. Il s’agit de documenter la place du corps dans les dynamiques relationnelles, en examinant sa prise en compte (ou non) dans différents environnements de formation et modalités d’apprentissage. Le projet à long terme est d’obtenir des résultats sur différents terrains de l’enseignement supérieur, qui mettent en évidence la prise en compte de la corporéité (Varela et al., 1993) en formation ainsi que la façon dont le corps se présente comme un aspect crucial pour l’apprentissage. Ce travail s’inscrit dans un programme de recherche en analyse des environnements de formation et de l’activité (Albero et al., 2019 ; Albero et Simonian, 2020 ; Guérin et al., 2023). Ce programme est fondé sur l’hypothèse d’une interrelation dynamique et évolutive entre environnements, activité individuelle et collective et artefacts, selon des ajustements permanents d’adaptations, d’appropriations, de transformations dans une visée d’autonomisation et de développement. Les résultats de recherche présentés dans le cadre de cet article sont issus d’une enquête menée lors d’une formation en présentiel dans un premier cycle universitaire français, en 3e année de licence d’orthophonie. Ils ouvrent la voie à des pistes pédagogiques – ouverture de l’action de formation hors les murs du campus, tenue de journaux de bord sensoriels, réalisation de jeux de rôles – ancrées dans une compréhension holistique de l’agir humain.