Les lieux de tenue des assises dans la châtellenie de Bressuire (xive-xve siècle)

À la fin du Moyen Âge, et encore jusqu’à l’époque moderne, les justices seigneuriales de la châtellenie de Bressuire ont été à certains moments itinérantes. La raison n’en est pas l’absence de bâtiments dévolus à la justice puisque ceux-ci existaient déjà, même dans de petites localités. Nous pouvon...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/ccm,
Autor principal: Bonnaud, Muriel
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Cahiers de civilisation médiévale 2025
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:À la fin du Moyen Âge, et encore jusqu’à l’époque moderne, les justices seigneuriales de la châtellenie de Bressuire ont été à certains moments itinérantes. La raison n’en est pas l’absence de bâtiments dévolus à la justice puisque ceux-ci existaient déjà, même dans de petites localités. Nous pouvons avancer plusieurs hypothèses, au nombre desquelles la nécessité de « marquer » un territoire, y compris de manière temporaire et immatérielle. Ces déplacements interviennent en effet à la fin du xive et au début du xve siècle, au moment où l’autorité du châtelain est la plus contestée. Ces assises itinérantes ne se tiennent pas au hasard : on s’aperçoit qu’elles affectionnent les confins, que ce soit à l’échelle de la châtellenie elle-même ou de la paroisse. À l’intérieur de cet espace, la cour de justice choisit de préférence un lieu-marqueur du paysage, incarnant notamment le pouvoir seigneurial, à l’exemple du moulin banal. Les justiciables sont également sollicités lorsque le tribunal se réunit dans un champ leur appartenant ou devant leur propre maison, sans que l’on sache précisément à quel titre. Dans tous les cas, en se positionnant sur les marges, ces assises itinérantes semblent vouloir rappeler la vocation de la justice à restaurer et maintenir la paix sur un territoire connu, dûment contrôlé et approprié, face à un au-delà des confins, où règne par définition l’injustice.