La loi du 12 juin 2001 contre les mouvements sectaires portant atteinte aux Droits de l’Homme. Anatomie d’un débat législatif

En 2001, le législateur français s’est décidé à faire ce qu’il avait longtemps refusé de faire : une loi contre les sectes. Celle-ci présente le paradoxe d’être explicitement dirigée contre les sectes et de ne les définir ni les nommer une seule fois dans son texte. On pourrait y voir l’effet d’une...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/assr,
Prif Awdur: Rolland, Patrice
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Archives de sciences sociales des religions 2005
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:En 2001, le législateur français s’est décidé à faire ce qu’il avait longtemps refusé de faire : une loi contre les sectes. Celle-ci présente le paradoxe d’être explicitement dirigée contre les sectes et de ne les définir ni les nommer une seule fois dans son texte. On pourrait y voir l’effet d’une régulation juridique libérale : ne juger que sur les actes et non sur les opinions. La transformation du délit de manipulation mentale en délit d’abus de faiblesse ne doit pas masquer l’intention répressive du législateur. Celle-ci est retenue par le respect de certains principes du droit des libertés mais c’est surtout l’incapacité de définir l’objet de sa peur qui bride le législateur. Faute de pouvoir définir la notion de secte, il doit renoncer à certaines des mesures les plus contraignantes. Une analyse des débats révèle une grande pauvreté de la compréhension du phénomène des « .sectes. ». Le législateur français n’y fait que refléter passivement la perception commune d’une opinion publique qui réduit le phénomène à quelques cas exceptionnels.