2. Coopération avec les pays en développement

La coopération suisse au développement a été mise sous forte pression en 2007. Les discussions liées à la réforme de l’administration fédérale, entamée en 2005 par le Conseil fédéral, pourraient conduire à une réorganisation de l’aide au développement marquée par une nouvelle répartition des tâches...

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Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/aspd,
Autor Principal: Guggenbühl, Tanja
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Annuaire suisse de politique de développement 2009
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:La coopération suisse au développement a été mise sous forte pression en 2007. Les discussions liées à la réforme de l’administration fédérale, entamée en 2005 par le Conseil fédéral, pourraient conduire à une réorganisation de l’aide au développement marquée par une nouvelle répartition des tâches entre la Direction du développement et de la coopération (DDC) et le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). D’autre part, une pression politique a été exercée sur la DDC par la publication du rapport de la Commission de gestion du Conseil des Etats en décembre 2006, relevant des lacunes dans la gestion des activités liées à la coopération. A cela s’ajoute la remise en question de l’impact de l’aide au développement sur les pays du Sud de la part de certains médias et partis politiques. Elle est cependant contrebalancée par l’important soutien populaire à la campagne 0,7 %, lancée par les organisations non gouvernementales (ONG) suisses pour une augmentation de l’aide publique suisse aux pays en développement.Dans ce contexte, la publication du message sur la continuation de la coopération avec les pays en développement (DDC) ainsi que de celui sur le financement des mesures économiques et commerciales (SECO), initialement prévue pour 2007, a été repoussée à 2008.A la controverse sur l’aide que connaît la Suisse font écho les débats sur les effets de la coopération au niveau international. Ceux-ci s’inscrivent dans un contexte mondial en transformation, avec la mondialisation de l’économie, qui rend les problèmes de plus en plus globaux et interdépendants : la pauvreté, la migration, les épidémies, le changement climatique. Ces éléments ont poussé les acteurs de la coopération internationale à mener des réflexions générales sur la politique de développement et à proposer des solutions globales pour augmenter la cohérence et l’efficacité de leurs activités, avec comme principaux résultats la signature de la Déclaration du Millénaire et de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide. Cette nouvelle stratégie du plan global pour réduire la pauvreté est devenue en quelques années le cadre général de la politique internationale de développement.Il faut cependant souligner que cette nouvelle approche pour lutter contre la pauvreté est critiquée par certains experts. Le débat académique sur cette question s’est notamment cristallisé ces dernières années autour des ouvrages de Jeffrey Sachs, Paul Collier et William Easterly. Alors que les uns y voient une solution pour éradiquer la pauvreté, les autres dénoncent les ambitions démesurées attribuées aux plans globaux et n’y voient guère de potentiel pour réduire la pauvreté.