L’entretien des corps

Nous analysons ici le rapport à l’alimentation d’une cohorte de 387 personnes en situation de pauvreté reconnue. Ces usagers genevois de l’aide sociale ont été interrogés par questionnaires et entretiens durant une étude à long terme. Après un examen des lois et règlements cadrant la nécessité alime...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/aof,
Auteurs principaux: Gaberel, Pascal, Ossipow, Laurence
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Anthropology of food 2012
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Nous analysons ici le rapport à l’alimentation d’une cohorte de 387 personnes en situation de pauvreté reconnue. Ces usagers genevois de l’aide sociale ont été interrogés par questionnaires et entretiens durant une étude à long terme. Après un examen des lois et règlements cadrant la nécessité alimentaire et d’autres sources d’information, nous explorerons la conception du bien manger des usagers. Nous la comparerons ensuite à leurs consommations hebdomadaires et aux activités alimentaires régulières : courses, préparation, consommation, invitations et sorties. Deux tiers disent, comme les mangeurs ordinaires, que bien manger c’est « manger sainement » et suivre les recommandations diététiques actuelles. Une moitié affirme suivre un régime pour raisons médicales. Un tiers des usagers de l’aide sociale définit le Bien manger comme un art de vivre ou une gastronomie qui nécessite des moyens financiers indisponibles et contrarient les régimes médicaux. Un cinquième dit respecter des prescriptions éthiques, dont l’interdit du porc ou de l’alcool, qui recoupent une tendance végétarienne et une orientation musulmane. Une personne sur vingt adopte une définition minimaliste et ascétique : bien manger c’est nourrir son corps. Comme les régimes médicaux et l’ascétisme, prescriptions et interdits vont de pair avec la loi d’Engels favorisant économie et privations, comme cela apparaît en comparant les consommations des usagers de l’aide sociale et de la population générale.