La relocalisation des systèmes alimentaires dans les territoires : quel cadre d’analyse en ergonomie ?

La relocalisation des systèmes alimentaires dans les territoires s’inscrit dans une volonté politique et citoyenne de reconnecter agriculture et alimentation, et de répondre aux enjeux du développement durable. Elle interpelle l’ergonomie, car une telle évolution ne peut s’entendre sans mutations du...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
In:URI:https://journals.openedition.org/activites,
Main Authors: Le Bail, Chloé, Cerf, Marianne, Yannou-Le Bris, Gwenola
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Activités 2021
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:La relocalisation des systèmes alimentaires dans les territoires s’inscrit dans une volonté politique et citoyenne de reconnecter agriculture et alimentation, et de répondre aux enjeux du développement durable. Elle interpelle l’ergonomie, car une telle évolution ne peut s’entendre sans mutations du travail. Cet article repose sur une étude de cas exploratoire qui a été conduite sur le plateau de Saclay. L’étude concerne l’approvisionnement de cantines d’entreprise en produits locaux. Elle s’intéresse à des acteurs dont les statuts (responsable d’exploitation agricole, responsable de restaurant) et les expériences permettent de révéler une reconception progressive et « dans l’usage » des processus de coordination intra et inter-organisationnelles. L’étude de cas éclaire également l’élasticité de la définition territoriale saisie par ces acteurs impliqués dans le développement d’un système alimentaire local à l’aulne des valeurs sociales et culturelles qu’ils défendent. Ces acteurs s’approprient et modifient l’organisation d’un système qui traverse les frontières de leurs organisations. Nous proposons ici d’aborder le changement inter-organisationnel induit par la relocalisation de l’alimentation dans et par les territoires. Nous définissons ce changement comme un processus de conception collective mettant en dialogue deux processus de reconception des coordinations, l’un à l’échelle de l’organisation et l’autre à l’échelle des relations inter-organisationnelles. Finalement, nous caractérisons un « travail de territorialisation », singulier et situé, qui d’une part inclut ces activités de reconception des coordinations ; et d’autre part vise à faire évoluer un espace géographique, culturel et/ou politique, que les acteurs identifient comme territoire, pour que cet espace corresponde à leur vision du local et du durable. Nous discutons des implications de ces résultats pour l’analyse et l’intervention ergonomiques.