Éduquer ou dresser ? Pour une critique du « post-humanisme »

Résumé : L’auteur se propose d’explorer la frontière étroite, souvent imperceptible, entre éducation (formations /  acquisitions) et dressage, entre libération et assujettissement – ce dont le cirque offre la mise en scène inquiétante. L’“exercice” porte en lui la possibilité de cette “bifurcation”...

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Main Author: Moreau, Didier
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: 2014
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Résumé : L’auteur se propose d’explorer la frontière étroite, souvent imperceptible, entre éducation (formations /  acquisitions) et dressage, entre libération et assujettissement – ce dont le cirque offre la mise en scène inquiétante. L’“exercice” porte en lui la possibilité de cette “bifurcation”, l’humanisation de l’homme exigeant la réduction en soi de son animalité, ce qui nourrit encore la position kantienne. La référence stoïcienne montre au contraire que ce qui fait obstacle n’est pas l’animalité mais ce qui sépare l’homme de lui-même, la stultitia  ; s’en extraire demande certaines formes d’exercices sur soi-même, de soin de soi, que P. Hadot et M. Foucault ont analysés. Mais sur le versant du dressage, on rencontre encore la position augustinienne d’une nature perçue comme fautive, qu’il faut redresser dans une sorte de renoncement à soi radicalisée par Descartes par une auto-affirmation ascétique du sujet. L’auteur réfléchit alors sur la proposition d’un Ignace de Loyola resituant la pratique des exercices dans la relation du disciple à un maître, avec pour visée l’accès à une intériorité propre : se comprendre et s’interpréter à travers son propre procès de formation. L’article conclut avec W. Benjamin : si le dressage renvoie à la domination du machinisme sur l’individu, l’exercice incorpore l’enfant au monde par l’expérience du langage, concourt à la formation de la communauté sociale et assure la liberté d’être à soi.