De la stigmatisation à l’affirmation de soi

Dans son article fondateur « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? » paru dans ARTnews en 1971, l’historienne de l’art Linda Nochlin note que « [l]e choix offert aux femmes se pose semble-t-il toujours entre le mariage et une carrière – entre la solitude qui est la rançon du succès...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Foucher Zarmanian, Charlotte
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2022
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Dans son article fondateur « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de grands artistes femmes ? » paru dans ARTnews en 1971, l’historienne de l’art Linda Nochlin note que « [l]e choix offert aux femmes se pose semble-t-il toujours entre le mariage et une carrière – entre la solitude qui est la rançon du succès ou la sexualité et une compagnie qui récompensent le renoncement de la carrière ». Partant de ce dilemme entre création et procréation, vie privée et vie publique, convention sociale et désir d’émancipation avec lesquels les femmes artistes doivent constamment négocier, cet article analyse les discours et représentations du célibat des créatrices autour de 1900. Représentant à cette époque un groupe suffisamment visible et important pour menacer l’ordre établi des genres, les femmes artistes font communément les frais, dans les discours et les représentations (scientifiques, populaires, littéraires), de propos assimilant leur choix de vie – lorsqu’il ne répond pas à l’idéal conjugal et reproductif – à une forme de non-convenance, de malaise affectif ou encore de déviance pathologique. Cependant, face à cette stigmatisation dominante, nous verrons que les représentations évoluent lentement mais surement. Elles trouvent notamment un point d’aboutissement chez les femmes elles-mêmes qui réussissent à récuser le discours dominant en assumant pleinement leurs choix dans l’espace public.