La place de l’anthropocentrisme dans la notion « d’espèce nuisible » : état des lieux et évolutions d’un statut fonctionnel

Archétype de la classification utilitaire de la nature par l’homme, la notion d’espèce nuisible tend à devenir aujourd’hui l’exemple le plus emblématique d’une mutation du sens du droit applicable à l’animal, espèce ou individu. Traditionnellement, l’espèce nuisible se conçoit comme une notion purem...

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Bibliografski detalji
Glavni autor: Crozes, Amelia
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2018
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Archétype de la classification utilitaire de la nature par l’homme, la notion d’espèce nuisible tend à devenir aujourd’hui l’exemple le plus emblématique d’une mutation du sens du droit applicable à l’animal, espèce ou individu. Traditionnellement, l’espèce nuisible se conçoit comme une notion purement anthropocentrique, visant à traduire en droit la volonté humaine de se protéger contre les dommages réels ou supposés d’une faune sauvage jugée malfaisante. Assise sur la réification animale et légitimée par l’intérêt supérieur d’une gestion de ces espèces, la notion d’espèce nuisible consiste alors en un statut fonctionnel visant à la destruction des animaux ainsi qualifiés. Alors qu’une partie de la population et de la doctrine insiste sur la place de toute espèce dans les écosystèmes ou sur la prise en compte de la sensibilité animale, la notion de « nuisible » révèle pourtant le caractère dépassé d’un tel statut. Avec sa suppression suite à l’adoption de la loi Biodiversité du 8 août 2016 et du décret du 28 juin 2018, c’est donc la possible reconsidération de l’être vivant et du fait générateur de dommages qui semble s’amorcer. Ainsi, bien que ces modifications puissent être considérées partielles ou purement sémantiques, celles-ci pourraient bien lancer les premiers jalons d’une meilleure conciliation entre gestion des espèces nuisibles et intégration des objectifs environnementaux voire, « animaliers ».