La concession de service public « à la française » confrontée au droit européen

Résumé Les concessions de service public ont été identifiées comme telles il y a presque un siècle lorsque la jurisprudence du Conseil d’État s’est mise à l’« école du service public » mais la technique contractuelle elle-même, la concession, aujourd’hui très pratiquée en droit continental (« rom...

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Päätekijä: Courivaud, Henri
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Kieli:Français
Julkaistu: 2004
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Résumé Les concessions de service public ont été identifiées comme telles il y a presque un siècle lorsque la jurisprudence du Conseil d’État s’est mise à l’« école du service public » mais la technique contractuelle elle-même, la concession, aujourd’hui très pratiquée en droit continental (« romano-germanique »), remonte à l’Antiquité romaine. En France surtout, et dans des pays de tradition mercantiliste (Espagne, Italie, Portugal), la concession est l’une des expressions juridiques les plus caractéristiques des politiques publiques mises en œuvre par l’État dans la vie économique et sociale avec le concours d’entreprises désignées à cette fin. Pourtant, certaines évolutions jurisprudentielles récentes, plus favorables à l’unilatéralisme des interventions de l’administration, une volonté politique renforcée de moralisation des relations contractuelles de l’État et la définition d’un cadre communautaire et international de la commande publique cherchent à uniformiser cette technique contractuelle et à en banaliser le caractère exorbitant sinon étatique. Cette situation nouvelle est considérée de plus en plus dans les milieux politiques, comme attentatoire à l’originalité du système concessionnaire. Plus encore, ces évolutions jurisprudentielles et législatives sont critiquées en raison des restrictions substantielles qu’elles imposeraient à la liberté contractuelle des collectivités décentralisées et aux prérogatives de l’État concédant dans ses relations avec ses établissements publics au titre de l’exécution des politiques publiques dans des secteurs d’activité jugés stratégiques : transports, construction, urbanisme, réseaux électriques. Il convient, en la matière, de faire la part des choses entre ces différentes évolutions et ces critiques de plus en plus véhémentes aujourd’hui.