Matières à manger

Cet article aborde les relations humains/aliments sous l’angle de la sensibilité (de l’olfaction et de la gustation). L’ambition est épistémologique, car il s’agit de proposer un cadre analytique permettant de penser ces relations au sein d’un continuum entre, d’un côté, un rapport phénoménologique...

ver descrição completa

Na minha lista:
Detalhes bibliográficos
Autor principal: Mariani, Léo
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2018
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RAC_040_0429
record_format cairn
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
topic aliment
anthropologie
durian
énaction
goût
matériaux
odeur
Umwelt
anthropology
durian
enaction
food
materiality
smell
taste
Umwelt
spellingShingle aliment
anthropologie
durian
énaction
goût
matériaux
odeur
Umwelt
anthropology
durian
enaction
food
materiality
smell
taste
Umwelt
Mariani, Léo
Matières à manger
topic_facet aliment
anthropologie
durian
énaction
goût
matériaux
odeur
Umwelt
anthropology
durian
enaction
food
materiality
smell
taste
Umwelt
description Cet article aborde les relations humains/aliments sous l’angle de la sensibilité (de l’olfaction et de la gustation). L’ambition est épistémologique, car il s’agit de proposer un cadre analytique permettant de penser ces relations au sein d’un continuum entre, d’un côté, un rapport phénoménologique et contingent aux aliments et, de l’autre, un rapport abstrait. Pour y parvenir, l’article mobilise deux approches originales des rapports à l’environnement et au monde matériel, qu’il vise à concilier : la théorie de l’énaction de Francisco Varela et la critique de la notion de matérialité de Tim Ingold. De cette conciliation, on déduit que les modes de subjectivation des goûts et des odeurs relèvent d’un positionnement des corps par rapport aux aliments avec lesquels ils sont intimement liés, selon que les humains cherchent à clarifier la relation ou au contraire à explorer le mélange de possibilités (« à l’habiter »). La réalité est le plus souvent quelque part au milieu, sur l’axe de ce continuum que l’article essaie de caractériser. Le propos est étayé par des données historiographiques et ethnographiques de première main, issues d’enquêtes réalisées en Asie du Sud-Est, à propos d’un fruit à la réputation très contrastée : le durian.
author Mariani, Léo
author_facet Mariani, Léo
author_sort Mariani, Léo
title Matières à manger
title_short Matières à manger
title_full Matières à manger
title_fullStr Matières à manger
title_full_unstemmed Matières à manger
title_sort matières à manger
publishDate 2018
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2018-3-page-429?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rac.040.0429
_version_ 1877284605745168384
spelling cairn-RAC_040_0429RACRevue d'anthropologie des connaissances https://shs.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2018-3-page-429?lang=fr https://doi.org/10.3917/rac.040.0429 Matières à manger Mariani, Léo2018 alimentanthropologiedurianénactiongoûtmatériauxodeurUmweltanthropologydurianenactionfoodmaterialitysmelltasteUmweltfre Revue d'anthropologie des connaissances | 123 | 3 | 2018-09-20 | p. 429-453 RAC_04038 Cet article aborde les relations humains/aliments sous l’angle de la sensibilité (de l’olfaction et de la gustation). L’ambition est épistémologique, car il s’agit de proposer un cadre analytique permettant de penser ces relations au sein d’un continuum entre, d’un côté, un rapport phénoménologique et contingent aux aliments et, de l’autre, un rapport abstrait. Pour y parvenir, l’article mobilise deux approches originales des rapports à l’environnement et au monde matériel, qu’il vise à concilier : la théorie de l’énaction de Francisco Varela et la critique de la notion de matérialité de Tim Ingold. De cette conciliation, on déduit que les modes de subjectivation des goûts et des odeurs relèvent d’un positionnement des corps par rapport aux aliments avec lesquels ils sont intimement liés, selon que les humains cherchent à clarifier la relation ou au contraire à explorer le mélange de possibilités (« à l’habiter »). La réalité est le plus souvent quelque part au milieu, sur l’axe de ce continuum que l’article essaie de caractériser. Le propos est étayé par des données historiographiques et ethnographiques de première main, issues d’enquêtes réalisées en Asie du Sud-Est, à propos d’un fruit à la réputation très contrastée : le durian.This article examines food/human relationships from the perspective of sensitivity (smell and taste). It has an epistemological aim, since it proposes an analytical framework within which to consider the continuum between a phenomenological and contingent relationship to food on the one hand, and an abstract relationship to them on the other hand. To achieve this, the article uses two original approaches to the relationship to the environment and the material world, which it aims to reconcile: Francisco Varela’s theory of enaction and Tim Ingold’s critique of the notion of materiality. We use this reconciliation to posit that the modes of subjectivation of tastes and smells are fundamentally a matter of positioning the bodies in relation to foods with which they are intimately linked, depending on whether humans seek to clarify the relationship or on the contrary to explore a mixture of possibilities (“to inhabit it”). Reality most often sits in between, somewhere on the axis of a continuum that this paper attempts to characterize. This anthropological reflection is supported by first-hand historical and ethnographic data from surveys carried out in Southeast Asia on a fruit with a highly contrasting reputation: the durian.Este artículo trata las relaciones humanos/alimentos desde la perspectiva de la sensibilidad (olfato y gusto) con una ambición epistemológica, ya que propone un marco analítico dentro del cual pensar la continuidad entre una relación fenomenológica y contingente con los alimentos, y una relación abstracta con ellos. El artículo moviliza dos enfoques originales de la relación con el medio ambiente y el mundo material, que pretenden conciliar: la teoría de la acción de Francisco Varela y la crítica de Tim Ingold a la noción de materialidad. A partir de esa reconciliación, afirmamos que los modos de subjetivación de los sabores y los olores son fundamentalmente una cuestión de posicionar los cuerpos en relación con los alimentos con los que están íntimamente ligados, dependiendo de si los humanos buscan aclarar la relación o, por el contrario, explorar una mezcla de posibilidades (“a vivirla”). La realidad está más a menudo en el medio, del eje de un continuo que el artículo intenta caracterizar. Esta reflexión antropológica se apoya en datos históricos y etnográficos de primera mano procedentes de encuestas realizadas en el sudeste asiático, sobre un fruto con una reputación muy contrastada: el durian.Cairn free access