Circularités maussiennes dans une structure d'engagement
Mobilisant une perspective maussienne enrichie des apports de la sociologie et du management des organisations, cet article se propose d’explorer le fonctionnement socio-organisationnel du Conseil de la Jeunesse du 10e Arrondissement de Paris (CJ10) en tant que structure d’engagement reposant sur l’...
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| Tác giả chính: | |
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| Định dạng: | Article ou chapitre numérique |
| Ngôn ngữ: | Français |
| Được phát hành: |
2012
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| Những chủ đề: | |
| Truy cập trực tuyến: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Tóm tắt: | Mobilisant une perspective maussienne enrichie des apports de la sociologie et du management des organisations, cet article se propose d’explorer le fonctionnement socio-organisationnel du Conseil de la Jeunesse du 10e Arrondissement de Paris (CJ10) en tant que structure d’engagement reposant sur l’articulation féconde de deux cycles de don liant respectivement la Municipalité aux membres-jeunes et les jeunes entre eux.S’appuyant sur un terrain d’enquête pluriannuel concernant les logiques d’engagement au sein du Conseil, ses mécaniques organisationnelles ainsi que son insertion dans l’édifice parisien de la démocratie locale, cette recherche interroge le système-don en tant que substrat social et symbolique au fonctionnement du CJ10. Pour ce faire, elle mobilise la littérature consacrée aux relations de don se déployant, à l’échelle intra-organisationnelle, au sein des sociétés modernes ainsi que les apports de la sociologie et du management des organisations.Encastré dans l’Institution municipale, le CJ10 se construit autour d’un triple engagement : civique des membres-jeunes, politique des élus et professionnel des animateurs-salariés.La mobilisation du paradigme maussien permet d’éclairer la structure des relations entre membresjeunes : régies par des logiques d’amitié collaborative ou de collaboration amicale, elles relient des collectivités et non pas des individualités autour d’un système d’échange généralisé au sein duquel circulent des ressources diverses en nature et quantité (informations, conseils, gratifications symboliques, reconnaissances...). Le système-don liant les membres-jeunes repose sur une forme de réciprocité indirecte (élargie et différée dans le temps) dont la logique sociale échappe au principe de l’équivalence monétaire. Il s’enracine dans une dynamique créatrice d’endettement mutuel positif par laquelle le réinvestissement par chacune des parties de son engagement est condition de perpétuation du cycle du don et de viabilité socio-organisationnelle du Conseil.Si la fondation du CJ10 par décision unilatérale de la Municipalité peut se lire comme un don de citoyenneté, c’est que ce don premier a impulsé le déploiement de cycles de dons/contre-dons reposant sur des dynamiques de réciprocité élargie et différée entre la communauté des jeunes et l’Institution.Tirant sa légitimité symbolique d’un transfert de sacralité de la part de l’Institution, le Conseil fonde sa stabilité et sa durabilité sur une dynamique d’endettement mutuel positif où la reconnaissance par l’Institution devient pour les jeunes un vecteur de réengagement.Reposant sur un principe d’égalité, le CJ10 expérimente, par la négociation délibérative, une forme de démocratie participative « implicationniste et responsabilisante ». Aussi se configure-t-il comme un espace d’apprentissage où de jeunes mineurs, souvent issus de l’immigration, expérimentent une citoyenneté active, forgent leur identité et acquièrent des compétences (techniques et globales) valorisables dans leur itinéraire scolaire, universitaire, professionnel, voire militant. Négociant, dans la pratique de la participation, le CJ10 permet ainsi un franchissement maîtrisé des barrières symboliques de l’institutionnel.Dépendant de la motivation individuelle et collective des acteurs, il se configure comme un espace public polyvalent, une sorte d’« espace public primaire » qui s’enracine dans une logique recréatrice d’engagement. Rétive aux hiérarchisations entre jeunes, cette organisation ancrée dans le bénévolat méconnaît les récompenses financières au profit d’une dynamique d’octroi sélectif (collectivement agréé et institutionnellement consacré) de gratifications symboliques. A l’encontre des systèmes pyramidaux, elle donne à voir une forme organisationnelle originale qui interpelle les fondements du management classique et éclaire les substrats profonds de la coopération et de la créativité collective. |
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